Kinshasa, 5 septembre 2026 (ACP). – Le Baobab de Stanley, situé dans la ville de Boma, au Kongo Central, a été relevé samedi à Kinshasa, comme un patrimoine naturel et historique majeur de la République démocratique du Congo qui mérite de protection, par une experte en tourisme lors d’un échange avec l’ACP.
« Le Baobab de Stanley, un grand végétal, enraciné dans l’histoire de Boma, est un véritable ‘‘témoin vivant’’ d’une période importante de l’histoire du Congo qui appelle à la valorisation », a indiqué Berthe Muenyemali, experte en tourisme environnemental.
Sa proximité avec le fleuve Congo et l’océan Atlantique renforce, selon elle, l’intérêt touristique et historique de ce site.
Le Baobab de Stanley est notamment associé au passage de l’explorateur britannique Henry Morton Stanley à Boma en 1877.
Selon elle, des sources historiques et touristiques rapportent que cet arbre avait servi de campement à Stanley et à son expédition. Le site figure aujourd’hui parmi les principales attractions touristiques de Boma.
« Voyager à travers le Congo, c’est aussi apprendre à regarder notre patrimoine avec des yeux curieux et passionnés », a souligné Mme Muenyemali, estimant que la découverte des sites historiques et naturels doit contribuer à une meilleure connaissance de l’histoire nationale et à la transmission de la mémoire collective.
À en croire l’experte en tourisme environnemental, le Baobab de Stanley ne doit cependant pas être considéré uniquement comme une curiosité touristique.
Il constitue également, dit-elle, un espace permettant de réfléchir aux différentes étapes de l’histoire du Congo, notamment aux premiers contacts entre les explorateurs européens et les populations locales, ainsi qu’aux transformations politiques, économiques et sociales qui ont suivi.
Elle a, par ailleurs plaidé pour une approche de valorisation associant patrimoine naturel, mémoire historique, éducation et tourisme durable, afin de permettre aux visiteurs congolais et étrangers de mieux comprendre la portée de ce site.
« La fréquentation du Baobab témoigne déjà de son potentiel touristique. En 2023, le site avait enregistré 5.046 visiteurs, dont 4.920 nationaux et 126 expatriés et au premier trimestre 2025, 1.100 touristes, parmi lesquels 1.075 Congolais et 25 expatriés, y avaient été recensés », a-t-elle fait savoir.
Mme Muenyemali a également insisté sur la nécessité de préserver l’environnement immédiat du site.
D’après ses propos, en 2024, des médias avaient rapporté des préoccupations relatives à l’occupation des alentours du Baobab par des propriétés et à la nécessité de renforcer la protection et la sécurisation de cet espace patrimonial.
Dans cette perspective, souligne-t-elle, la mise en place d’un véritable circuit de tourisme historique à Boma pourrait permettre de relier le Baobab de Stanley à d’autres sites emblématiques de la ville, notamment la première cathédrale, le cimetière des pionniers, la première voiture et d’autres témoins de l’histoire de l’ancienne capitale du Congo.
« Toucher l’écorce de ce baobab, c’est symboliquement remonter le temps, faire face aux traces du passé et mesurer le chemin parcouru par notre nation », a fait observer Mme Berthe Muenyemali.
Elle a enfin appelé les autorités, les professionnels du tourisme, les chercheurs et les communautés locales à conjuguer leurs efforts pour assurer la conservation de ce patrimoine et en faire un véritable outil d’éducation, de promotion culturelle et de développement du tourisme au Kongo Central. ACP/Ka

