RDC : la culture appelée à devenir un véritable pilier de l’économie francophone

Kinshasa, 5 septembre 2026 (ACP). – La culture de la République démocratique du Congo est appelée à devenir un véritable pilier économique de la francophonie en raison de son potentiel en matière de création d’emplois, d’investissements, d’innovation et de rayonnement international, a appris l’ACP samedi de source officielle.

« Faire des industries culturelles et créatives le cinquième pilier économique de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), c’est faire de notre diversité culturelle et de nos talents un moteur de croissance, d’emplois, d’investissements, d’innovation et de rayonnement international », a indiqué Juliana Amati Lumumba, candidate de la RDC au Secrétariat général de la Francophonie.

Pour cette candidate, la diversité culturelle qui caractérise l’espace francophone constitue un atout économique majeur qui mérite d’être davantage structuré et valorisé.

« Les industries culturelles et créatives peuvent notamment contribuer à la professionnalisation des artistes, à la création d’emplois pour les jeunes et à l’émergence de nouvelles opportunités d’affaires », a soutenu Mme Lumumba.

Elle a illustré cette réalité par l’exemple de la rumba congolaise, inscrite en 2021 par l’UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Devenue un symbole majeur de l’identité culturelle congolaise, cette musique est aujourd’hui jouée, dansée et célébrée sur plusieurs continents.

Au-delà de sa portée culturelle, cette reconnaissance internationale démontre, selon elle, la capacité des expressions culturelles africaines à générer une influence économique et à conquérir des marchés internationaux.

À titre illustratif, les revenus du streaming musical en Afrique sont passés d’environ 100 millions de dollars en 2017 à près de 500 millions de dollars en 2025, selon les données citées de la Banque mondiale. Malgré cette progression, les industries culturelles et créatives ne représenteraient encore qu’environ 1 % du produit intérieur brut (PIB) africain, contre près de 4 % en Europe.

Ces chiffres traduisent, estime Juliana Amati, l’existence d’un important potentiel encore insuffisamment exploité sur le continent africain.

La structuration des filières culturelles, l’accès au financement, la protection de la propriété intellectuelle, la formation et la transformation numérique figurent ainsi parmi les leviers susceptibles d’accroître la contribution de la culture aux économies africaines.

Dans cette perspective, la candidate de la RDC au Secrétariat général de la Francophonie défend une approche faisant de la culture un secteur économique à part entière, capable de contribuer au développement durable des pays membres de l’OIF et au renforcement de leur présence sur les marchés internationaux.

Elle considère que la promotion des industries culturelles et créatives permettrait également de mieux valoriser les artistes, créateurs, producteurs, entrepreneurs culturels et autres acteurs qui participent à la diffusion du patrimoine et de la diversité francophones.

Pour la RDC, pays doté d’un important patrimoine culturel et artistique, notamment dans les domaines de la musique, de la danse, des arts visuels, de la mode, du cinéma et de la littérature, cette orientation pourrait constituer une opportunité pour transformer la créativité en véritable source de revenus et d’emplois.

La culture apparaît ainsi, dans la vision portée par Juliana Amato Lumumba, non seulement comme un vecteur d’identité et de cohésion entre les peuples, mais également comme un instrument de développement économique et de rayonnement de l’espace francophone. ACP/Ka

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