La bancarisation de la paie des enseignants, une réforme évoquée dans un ouvrage

Kinshasa, 26 août 2025 (ACP).- La réforme de la bancarisation dans le secteur de l’enseignement, en République démocratique du Congo (RDC) analysée dans l’ouvrage de l’écrivain André Bekanda Boliki, intitulé ‘’Un siècle de la paie des enseignants ’’, a été évoqué lundi par son auteur dans un échange avec l’ACP.

«La bancarisation qui est considérée comme un mode novateur, un mode moderniste, un mode avant-gardiste, continue de vivoter. Quatre ateliers ont été organisés pour évaluer cette réforme en 2015, 2017, 2019 et 2023. Le constat est que la bancarisation fait du surplace», a déclaré Bekanda.

«Alors notre ambition à travers l’ouvrage ‘’Un siècle de la paie des enseignants. Faut-il auréoler la bancarisation’’ est de donner un coup de fouet à la réforme, une impulsion à la réforme», a-t-il précisé.

«Dans l’allure où vont les choses. La bancarisation risque d’être remise en cause, d’être étouffée, si toutes les faiblesses ne sont pas éclaboussées notamment la non implantation des banques dans la quasi-totalité des territoires, la paie ambulatoire, le caractère bimestriel de la paie dans certaines provinces de la RDC et le non-paiement des enseignants absents et retardataires, lors de la paie exécutée dans les sites par les agents dépêchés dans les confins du territoire national», a renchéri l’auteur.

A travers son ouvrage, cet enseignant a présenté une brève historique du mode de paie des enseignants en RDC. Il a en outre présenté des avantages et des faiblesses de ces différents modes de payement. «Le point fort du mode précèdent de la paie des enseignants s’effectuait au sein de l’établissement. L’enseignant avait accès à son salaire; le programme de cours était respecté parce que l’enseignant ne se déplaçait pas pour courir derrière le salaire. Un autre point positif est dû au fait que les enseignants non payés (non mécanisés) étaient également payés parce qu’ils bénéficiaient des salaires des déserteurs. Il n’y avait pas le caractère nominatif, personnel et individuel de la paie», a expliqué cet ancien journaliste de l’Agence congolaise de presse.

«La bancarisation de la paie a l’avantage d’avoir un caractère nominatif, personnel et individuel. On paie l’enseignant qui est bel et bien identifié, qui a ouvert le compte et l’enseignant connait son salaire. Il s’habitue à la culture de l’épargne. Il trouve ses avantages avec l’accès aux crédits ; les avances sur salaire à purger dans la période de la rentrée scolaire», a démontré André Bekanda.

Abordant le chapitre des faiblesses de la bancarisation, il a indiqué que «dans certaines provinces congolaises, les enseignants sont obligés de parcourir des longues distances pour accéder à leurs salaires, abandonnant les écoles et le programme de cours».

Dans sa réflexion, Bekanda Boliki a estimé que la bancarisation est une controverse en RDC. Elle devait se faire de façon progressive. «La bancarisation devait commencer par la capitale Kinshasa et les chefs-lieux des provinces où les banques sont bien implantées. Mais dans les villages, les conséquences sont désastreuses», a-t-il fait savoir.

L’écrivain Bekanda a enseigné aux cycles primaire, secondaire et à d’enseignement supérieur privé.  Pendant ses prestations à l’ACP, il a bénéficié de plusieurs avantages : détaché comme conseiller de dix ministres de l’éducation nationale.

Il a été en outre directeur de la mécanisation et de la paie des enseignants (Dmp) à la direction nationale de contrôle; de la préparation de la paie et de la maitrise des effectifs des enseignants et du personnel administratif des établissements (Dinacope) et ancien directeur de suivi paie (Dsp).ACP/

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