La culture de la dot excessive en milieu urbain dénoncée par un traditionnaliste

Kinshasa, 04 septembre 2025 (ACP). –La culture du versement excessif et abusif de la dot en milieu urbain, notamment à Kinshasa, a été dénoncée jeudi par un traditionaliste Pende, une tribu bantoue d’Afrique centrale originaire de la région de l’Angola et de la République démocratique du Congo, lors d’un échange avec l’ACP.

« La dot peut prendre différentes formes (…) Au village chez les Pende, on exige juste un symbole pour prendre une femme en mariage. Aujourd’hui, en milieu urbain comme à Kinshasa, c’est le contraire. Les parents vendent leurs filles sans tenir compte de la valeur culturelle que pourrait avoir le beau-fils », a déploré Jadot Mabanza, conservateur Pende et enseignant à l’Université pédagogique nationale de Kinshasa.

Il a fait savoir que les frais à verser au moment de la dot demeurent ignorés en raison de leur taux exorbitant dans l’environnement urbain.

« L’État congolais doit s’engager dans cela, car actuellement les parents vendent leurs filles », a-t-il dénoncé.

Selon lui, la dot souvent exhaustive demandée ne reflète pas le comportement des épouses, d’où, concernant cela, « les parents doivent donner des renseignements concernant le mariage avant de percevoir des factures énormes sur leurs enfants ».

Un autre fait à relever, à son avis, est que les jeunes chez qui l’on verse la somme de la dot sont incapables de bien gérer leurs foyers, ce qu’il a justifié comme étant une des causes de nombreux divorces.

M. Jadot Mabanza a, par ailleurs, mis en avant la culture de la dot chez les Pende pour démontrer que celle-ci reste incontournable et indissociable du mariage coutumier ou traditionnel.

« Pour la dot à donner au père, il faut une veste, un chapeau, une ceinture, une chemise, une cravate, un singlet, une paire de chaussures, deux pare-soleils, une machette, deux bêches, deux fardes de cigarettes, des paquets d’allumettes, des noix de cola, des petits noix de cola, 5 litres de vin, une montre et 30 casiers de bière répartis en plusieurs marques spécifiques. Il faut aussi verser une somme de 2000 dollars », a-t-il fait savoir.

Et de conclure : « Pour la maman, les éléments à donner comprennent une pièce de super wax, un foulard de tête, une chênette en or, une montre, des marmites libala bosembo, une houe, une grande boîte de lait Nido, un sachet fraîcheur sucre, du café, deux sacs de sel, 20 savons Le Coq, 20 savons Munganga, un carton de poisson salé marque ambassade, 5 bidons d’huile et un manteau»

ACP /JF

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