La décolonisation du cinéma francophone africain au centre d’une conférence à Kinshasa

Kinshasa, 07 septembre 2025 (ACP).- ‘‘Libérer l’écran pour l’indépendance du cinéma francophone africain’’ a été le thème d’une conférence de réflexion entre les étudiants de la section cinématographique de l’institut national des arts (INA) de la République Démocratique du Congo (RDC) organisée samedi au centre culturel de Kinshasa.

« D’abord le cinéma africain a un problème de colonisation jusqu’à nos jours. Ça fait plus de 65 ans que le Congo est indépendant. 65 ans qu’on les chaînes de télévisions occidentales nous colonisent avec leurs films. 65 ans que nous sommes en train d’en passer nous-même et que nous sommes en train de faire par nos actions. Alors où en sommes-nous aujourd’hui dans  notre secteur du côté cinéma », s’est interrogé Tshoper Kambambi, Directeur du festival international de cinéma de Kinshasa (Fickin).

Sur base de cette question, les participants en majorité de jeunes amateurs du 7ème  art ont poussé encore plus loin leur réflexion pour redéfinir le secteur en RDC.  « Le sujet a été abordé de manière rationnelle, partant de la problématique du cinéma africain francophone. Sur le plan économique, nous avons aussi développé quelques idées pour rentabiliser le cinéma. Car, le  cinéma, au-delà d’être un art, est  aussi  une industrie qui crée  de l’emploi et peut aussi régénérer beaucoup de revenus au pays », a ajouté l’initiateur du festival.

 Avènement du cinéma en RDC

Dans son discours, Tshoper Kambambi a essayé de raconter aux apprentis cinéastes l’histoire de l’avènement du cinéma dans son pays.

«Historiquement parlant, le cinéma est arrivé en RDC vers les années 1898 par les belges qui ont commencé à faire des projections pour les congolais qui travaillaient dans l’administration de la belge à l’époque.  Cela a vite donné du goût pour certains travailleurs. Vers 1920 et 1930, il y a même des gens qui ont commencé à faire des films ici avec des congolais. Ils faisaient des films essentiellement pour faire la promotion de la colonisation », a-t-il expliqué.

Et de poursuivre : « Les européens qui étaient en Europe, avaient besoin de savoir comment est-ce que le prêtre se comporter en mission au Congo ;  qu’est-ce qui se faisait ici comment se comporter notre économie ».

Pour sa part,  le secrétaire général de l’association professionnel du ‘‘septième art’’ (A PRO7),  Michel Kabeya a mis l’accent sur  l’importance de cette association au près étudiants  de l’Institut national de l’art en les montrant  comment l’association lutte pour combattre  les stéréotypes  qui sont liées au cinéma congolais.

« Nous sommes en prison par rapport à  d’autres pays. En Afrique, il y a de l’évolution qui se fait dans le domaine du cinéma. Prenons l’exemple du Kenya qui a développé son potentiel  touristique grâce à ces films documentaires. Il est le premier pays africain lorsqu’on parle tourisme, c’est  lié au film », a –t-il révélé.

« Le Congo est un géant qui dort et qu’il faut qu’il continue à dormir parce qu’on veut que le Congo dorme pour les avantages des autres pays alors que la RDC regorge beaucoup de ressources surtout du côté fiction», a ajouté  Michel Kabeya. 

Toutefois, l’équipe du festival a invité les étudiants à se mettre au travail, à réfléchir encore plus sur la production cinématographique purement congolais pour la promotion du cinéma en RDC.

Il sied de noter que cette rencontre a été organisée en prélude de la deuxième (12) édition du festival international de cinéma de Kinshasa.

ACP/C.L.

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