La différence entre Tshibawu et Tshibindi expliquée parun notable

Kinshasa, 11 fév. 2026 (ACP).-La différence entre les notions de « Tshibawu » et de « Tshibindi », deux concepts centraux de la tradition luba liés à la sanction de l’infidélité et d’autres transgressions sociales en République démocratique du Congo(RDC), a été expliquée mardi par un notable kasaïen, lors d’un entretien. « Le Tshibindi renvoie à la faute ou à la transgression proprement dite, tandis que le Tshibawu désigne la réparation ou l’amende exigée pour lever la malédiction qui en découle », a déclaré Isaac Kadima, notable kasaïen. Selon ce notable, plusieurs situations peuvent être à l’origine du Tshibindi, notamment les relations sexuelles extra-conjugales, la découverte de la nudité parentale par un enfant, ou encore des conflits violents entre coépouses, allant des injures aux bagarres. Il a précisé que, dans la croyance luba, le non-respect de ces interdits expose à un malheur susceptible d’atteindre non seulement l’auteur de la faute, mais également des personnes innocentes de son entourage, en ligne directe ou collatérale, particulièrement celles réputées avoir le sang faible.  « Les conséquences attribuées au Tshibindi peuvent se manifester par des maladies, l’impuissance sexuelle, la précarité financière, la perte d’emploi, l’errance, la folie, voire la mort, et peuvent, selon la tradition, se transmettre de génération en génération », a-t-il ajouté. A en croire M. Kadima, face à cette situation, le Tshibawu intervient comme mécanisme de réparation visant à conjurer le mauvais sort.

Cette réparation impose à la femme reconnue fautive, appelée « mwena tshibau », d’avouer publiquement son acte, de quitter le domicile conjugal et de retourner dans sa famille pour accomplir les rites exigés, notamment la remise de poules ou de chèvres destinées aux cérémonies traditionnelles. « Dans certaines pratiques, la femme coupable peut être soumise à une humiliation publique, tandis que l’époux trompé est tenu de se débarrasser du lit conjugal, même si l’acte n’a pas été commis au domicile », a poursuivi le notable. Il a enfin évoqué l’existence d’une pratique parallèle dénommée « Tshizaka bwanga44 », qui consiste à recourir à des gris-gris censés neutraliser les effets mystiques liés à l’infidélité. « La persistance de ces pratiques traditionnelles continue toutefois de susciter des interrogations surtout dans un contexte marqué par l’urbanisation, le brassage culturel et la migration vers des sociétés aux normes morales moins contraignantes », a-t-il conclu.ACP/

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