La palette du peintre Papy Malambu renforce la portée sociale de ses œuvres picturales (Critique d’art)

Kinshasa, 14 août 2026 (ACP).- La richesse de la palette du peintre  Papy Malambu Dibandi de la République démocratique du Congo (RDC), dominée par les tons terre, les rouges, les jaunes, les verts et les bleus, contribue à une lecture sociale de ses œuvres, a relevé vendredi un critique d’art, lors d’une visite guidée dans sa galerie.

« Les couleurs dans les tableaux de Papy Malambu ne répondent pas uniquement à une recherche esthétique, mais traduisent également l’intensité émotionnelle de la souffrance et de la dignité des travailleurs représentés par l’artiste », a expliqué le critique d’art John Bongenya.

Selon lui, la touche expressive, presque gestuelle, de l’artiste transforme la matière picturale en énergie et en émotion, faisant de son œuvre une véritable peinture sociale où la beauté trouve son origine dans la résistance face aux difficultés de la vie quotidienne.

À travers la représentation des pousse-pousseurs, l’artiste immortalise des travailleurs souvent anonymes et leur offre une visibilité dans l’espace artistique. Ces personnages deviennent ainsi les témoins d’une réalité sociale kinoise marquée par l’effort, la précarité et la persévérance.

Pour  Bongenya, le travail de Papy Malambu constitue également un témoignage à la fois esthétique, documentaire et historique sur certaines réalités de Kinshasa, tout en célébrant la force humaine et la dignité du travail.

Dans les œuvres analysées, le pousse-pousseur dépasse le statut de simple personnage pour devenir le symbole d’une population qui avance malgré la précarité, la fatigue et les difficultés quotidiennes.

Dans la première composition, l’inclinaison du corps, la tension des bras et l’effort des jambes traduisent la pénibilité du travail, tandis que la charrette imposante renforce la dimension matérielle et symbolique de la charge portée.

Les eaux éclaboussant le premier plan introduisent une impression de mouvement, alors que le ciel rougeoyant confère à la scène une dimension dramatique.

L’insalubrité de Kinshasa et une atmosphère plus silencieuse

La seconde œuvre présente, pour sa part, une atmosphère plus silencieuse, mais tout aussi éprouvante, avec un personnage courbé sous le poids de sa charge, entouré de passants, d’habitations et de chemins boueux.

Cette représentation élargit la réalité individuelle du travailleur à une dimension collective, l’insalubrité de Kinshasa devenant elle-même un élément plastique à travers les flaques d’eau, la boue, les terrains dégradés et les constructions précaires.

Le peintre  Malambu, né à Kinshasa en 1965 et diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, inscrit son parcours artistique dans une peinture attentive aux réalités sociales de la capitale congolaise, a relevé le critique d’art John Bongenya dans une analyse consacrée à deux de ses œuvres représentant des pousse-pousseurs.

Ayant également évolué au sein des Ateliers Botembe, en RDC, Malambu développe une démarche picturale qui accorde une place importante aux travailleurs anonymes et aux scènes de la vie quotidienne kinoise. ACP/K

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