La question de l’art au centre de réflexion dans une institution culturelle de Kinshasa

Un groupe d’étudiants de l’ABA ayant participé à la journée de réflexion  sur l’art


Kinshasa, 22 janvier 2024 (ACP).- La question portant sur la définition de l’art a été au centre d’échanges lundi à  l’Académie des beaux-arts (ABA), dans la commune de Gombe, au nord de la ville de Kinshasa, en République démocratique du Congo.

« Dans le cadre des activités de son centre culturel, l’Académie des beaux-arts a accueilli un grand critique d’art commissaire d’expression du nom Simon Njami pour s’entretenir avec les étudiants sur une question inépuisable, celle de l’ontologie de l’art, l’être de l’art. C’est quoi l’art. Cela permet à ce que chacun puisse avoir son idée ou ses définitions sur ce que c’est l’art, parce-que l’art ne pourrait jamais être défini », a fait savoir le directeur général de cet établissement public, Henry Kalama Akulez.

Pour lui, cette interrogation en introduit plusieurs autres pour converger sur une même vision de l’art : « C’est une réalité complexe, une réalité fuyante. L’effet de parler de l’art, invite d’autres questions encore plus approfondies pour que cette problématique puisse rester dans le discours et que cela soit une réalité ambiante. Les artistes pratiquent l’art, mais il faut que la question soit discutée de manière permanente. Discuter c’est faire en sorte qu’on soit en permanence en train de travailler sur un chemin de la compréhension de l’art. Une université d’art est celle qui construit et déconstruit de manière permanente le concept, pour ne pas avoir des définitions figées et non discutables comme on le ferait avec la bible ».

Le conférencier et critique d’art Simon Njami, a à cette occasion, invité les étudiants à se détacher de certains postulats pour bien faire  de l’art.

« La culture c’est ce qui reste quand on a tout oublié. Il faut oublier tout ce que vous aurez appris,  de sorte à pouvoir faire de l’art. Sortir de la règle pour être vous-même. La règle c’est quelque chose qui tue. Servez-vous de vos propres choses pour raconter l’histoire», a-t-il indiqué

Et d’ajouter: « Je pense que les étudiants ont plus besoin d’être eux même avec moins de règles de l’académie par ce que l’art est vivant et n’est pas mort. Ce n’est pas dans les écoles qu’on apprend l’art. L’école vous apprend  les règles de bases  historiques mais l’art ne s’apprend pas. Il est  dans la pratique. J’aimerai vous dire en tant que spectateur c’est d’être frappé par une œuvre que vous regardez, l’art devrait s’exprimer. Quelqu’un disait au-delà des concepts, au-delà des mots que nous philosophons, soit l’art peut et va vous parler ou soit cela  ne vous parlera pas ».

Serge Matuta étudiant en première licence conservateur et restauration des œuvres d’arts, a expliqué la raison de sa présence à cette conférence débat par la réputation du  conférencier qui est un  grand homme dans le domaine de critique d’art mais aussi suite à l’objet des échanges.

 « Au sortir de cet atelier, je dirais que j’ai bénéficié de beaucoup de choses notamment sur la thématique de la conférence, portant sur la question  ‘‘qu’est-ce que l’art ?’’ , cela m’a poussé à prendre part à cette activité pour bénéficier de la connaissance de Simon Njami qui nous a permis de comprendre que l’art n’a pas des définitions. L’art c’est ce qu’on fait et ce qui vient de l’intérieur ».

Ecrivain de nationalité camerounaise, commissaire d’expositions, et critique d’art Simo Njami s’est spécialisé dans l’art contemporain et la photographie en Afrique, il est aussi cofondateur de la « revue noir ». Depuis 1991 ce magazine est concentré dans l’art africain et extra occidentale.

Initiateur du festival « esmicom »  fondé en 1987,  avec cet événement culturel il conçoit de nombreuses institutions et il est l’un de premier  à présenter  les œuvres d’artistes africains à l’international.

ACP/

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