Kinshasa, 9 septembre 2026 (ACP).- Les autorités de la République démocratique du Congo ont été appelées à implémenter la Charte africaine sur la participation des jeunes dans les instances décisionnelles du pays par le Parlement des jeunes de Kinshasa, mercredi à l’occasion de la Journée de l’Union africaine célébrée le 9 septembre, a constaté l’ACP.
« En RDC, les autorités ayant dans leurs attributions des domaines transversaux qui concernent la jeunesse doivent mutualiser leurs efforts avec le Ministère de la jeunesse pour implémenter la Charte africaine de la jeunesse. Celle-ci traite de la participation des jeunes dans les instances de prise de décision et de la politique nationale de la jeunesse à adapter dans chaque pays pour l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes», a déclaré Cephas Ngole, président du Parlement des jeunes de Kinshasa.
« Il revient aux acteurs majeurs de l’UA de multiplier les initiatives inclusives en faveur de la jeunesse à travers le continent, et d’exiger des jeunes qui bénéficient de ces programmes une culture de redevabilité, de bonne gouvernance et de démocratie dans les faits, et non de manière symbolique », a-t-il ajouté.
M. Ngole a aussi appelé la jeunesse kinoise à d’abord connaître les textes qui fondent l’UA pour s’approprier ses objectifs.
« L’Acte constitutif de l’UA, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Charte africaine de la jeunesse et les aspirations de l’Agenda 2063. Par-delà tout, les organisations de jeunes doivent s’appuyer sur ces textes pour mener un plaidoyer constant auprès des autorités pour leur concrétisation».
Selon lui, l’Union africaine doit arriver au point d’être totalement autonome, en menant une lutte d’affranchissement de l’aide extérieure pour recouvrer sa dignité.
« Cela passe par une prise de conscience des dirigeants africains afin de former une Union africaine fondée réellement sur l’unité, la transformation de nos ressources au profit de nos peuples, ainsi que le refus de la condescendance et de la complaisance dans la coopération internationale », s’est-il dit.
Et de renchérir : « Si c’est l’Union européenne qui finance près de 60 % du budget de l’UA et si la Chine a financé une grande partie de la construction même du siège de l’UA, c’est là tout le problème de l’Union africaine ».
En ce qui concerne la démarche du Parlement des jeunes de Kinshasa, le représentant de la structure a fait savoir : « Jusqu’ici, notre Parlement mène une approche de synergie et de collaboration interparlementaire avec notamment les organisations de jeunesse parlementaire en Afrique de l’Ouest, en Côte d’Ivoire et au Bénin ».
« Il subsiste des défis d’ordre organisationnel et structurel, ainsi qu’une faible volonté dans l’accompagnement technique et financier de la part de nos autorités afin de nous aider à mener à bon port nos actions. On note aussi beaucoup de complaisance et une culture de l’opportunisme dans le choix de ceux qui veulent porter ou portent déjà la voix de cette jeunesse », a conclu Cephas Ngole.
Le Parlement des jeunes de Kinshasa est une structure-plateforme placée sous la tutelle du ministre provincial de la Jeunesse, des Sports et Loisirs, de la Culture et des Arts de la ville-province de Kinshasa. Il a pour mission d’initier la jeunesse à la culture parlementaire, à la démocratie, à la citoyenneté active et à la bonne gouvernance. Le Parlement des jeunes prépare la jeunesse à la relève et à la vie politique.
La Journée de l’Union africaine est célébrée chaque année le 9 septembre pour commémorer la signature de la Déclaration de Syrte en 1999, l’acte fondateur qui a décidé de la création de l’Union africaine (UA) afin d’accélérer l’intégration et le développement du continent.
Pour la célébration de cette année 2026, les commémorations officielles s’articulent autour des activités qui mettent en avant l’accès universel et durable à l’eau potable et à l’assainissement sur tout le continent. ACP/M

