Kinshasa, 12 avril 2026 (ACP).- La reconnaissance de l’esclavage des Africains comme l’un des « plus graves crimes contre l’humanité » par l’Assemblée générale de l’ONU a été perçue dimanche comme une interpellation sur la préservation de la mémoire historique en République démocratique du Congo, dans un forum en ligne suivi par l’ACP.
« Cette résolution indique que » la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains constituent les plus graves crimes contre l’humanité. « 123 pays ont voté pour la résolution; 3 pays ont voté contre (Etats-Unis, Israël et Argentine); et 52 pays se sont abstenus lors du vote. Ce crime contre l’humanité avait aussi affecté l’espace qui deviendra plus tard la RDC de deux manières: la traite occidentale et la traite orientale», a déclaré Thomas lohaka, historien congolais, lors de son intervention.

« Pour permettre aux congolais de toutes les générations de se souvenir de ce crime contre l’humanité et de perpétuer ce souvenir, j’ai fait faire cette statue en bronze (1300 kg) de deux esclaves ligotés, œuvre conçue par le grand sculpteur congolais Me Penenge de l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa. Durant 9 ans, cette statue était installée sur le boulevard Tshatshi à Kinshasa» a-t-il fait savoir.
Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de préserver la mémoire de l’esclavage transatlantique, qu’il a qualifié de « plus grand crime contre l’humanité » afin d’en perpétuer durablement le souvenir.
« J’ai dû retirer cette œuvre que j’ai ramené dans un entrepôt, à la suite d’un projet d’aménagement de cet espace par l’hôtel de ville. En attendant des mécènes qui voudront bien m’épauler pour sa restauration et son installation sur une nouvelle place publique. Pour perpétuer le souvenir de l’esclavage qui a duré environ 400 ans (XVe au XIXe siècle), ce plus grand crime contre l’humanité», a laissé entendre M. Luhaka concernant sa démarche.
À titre de rappel, le 25 mars 2026, l’Assemblée générale de l’ONU a qualifié l’esclavage des Africains de » plus grand crime contre l’humanité ». Dans ce cadre, deux formes de traite ont sévi en RDC: la traite occidentale, organisée vers les Amériques avec notamment le marché de Pumbu à Kinshasa, et la traite orientale, qui a ravagé l’Est et le centre du pays, avec Nyangwe comme principal centre de regroupement avant l’acheminement des captifs vers Zanzibar.
ACP/C.L.

