Kinshasa, 12 avril 2026 (ACP).- Un appel à décentraliser les activités artistiques, notamment dans le secteur théâtral, à Kinshasa, en République démocratique du Congo, a été lancé dimanche par un acteur de cet art de la scène, en vue de mieux dénoncer les maux de la société, lors d’un entretien accordé à l’ACP.
« Si nous faisons le théâtre pour dénoncer les maux de la société, ce n’est pas uniquement dans des salles de la commune de Gombe, fréquentées par des expatriés et des artistes, que le message aura un réel impact, en ignorant le peuple qui constitue pourtant notre cible primordiale », a déclaré Joël Vuningoma.
Selon lui, le théâtre demeure une représentation de la vie, une manière de coexister dans une existence préexistante.
L’acteur a également fait remarquer le signe d’une renaissance progressive d’une forme d’art jugée en déclin par certains.
« Des années sombres se sont écoulées, les scènes se sont refermées et la morale a connu une baisse, mais la nouvelle génération a posé un geste de survie là où beaucoup ne voyaient que l’oubli », a-t-il expliqué.
Cette dynamique témoigne, d’après lui, de la résistance d’une génération résolue à revaloriser le narratif culturel congolais.
« Aujourd’hui, le plaisir est grand pour moi d’appartenir à cette nouvelle ère, à ce temps qui nous rappelle jour après jour que résister est la seule formule capable de proposer un exister », s’est-il dit, avant de préciser les obstacles de son secteur artistique, dont le manque de ressources financières pour le développement et la mobilité des spectacles.
« À Kinshasa, plusieurs centres culturels nationaux et privés, acteurs clés de la promotion théâtrale, ont fermé ces dix dernières années. Parallèlement, des institutions étrangères comme l’Institut français et le Centre Wallonie-Bruxelles ont renforcé leur implantation».
En ce qui concerne l’enjeu de la langue, Joël a estimé que cela constitue un autre défi majeur.
« Le recours systématique au français limite la portée des messages auprès des couches populaires»
« Faire le théâtre en français ne veut pas dire qu’on le fait pour le Congolais », a insisté l’artiste, plaidant pour une plus grande place aux langues nationales afin de mieux toucher le public cible.
ACP/C.L.

