Un tableau d’art Peint
Kinshasa, 11 mai 2026 (ACP). – La lassitude des formules et la récurrence des procédés artistiques chez plusieurs créateurs contemporains de la République démocratique du Congo, ont été déplorées par un critique d’art, à cause de la limitation à la reproduction de styles déjà établis dans la conception de leurs œuvres, lors d’un échange lundi avec l’ACP.
« Aujourd’hui, plusieurs artistes semblent prisonniers de leurs propres habitudes créatives. Après avoir trouvé une écriture artistique reconnue, beaucoup répètent les mêmes formes, les mêmes couleurs, les mêmes discours, jusqu’à transformer leur œuvre en simple reproduction. Cette limite devient visible lorsque l’artiste cesse de prendre des risques », a déclaré John Bongenya, critique d’art
« Pourtant, l’art exige aussi des périodes de silence, de repos, de réflexion et de remise en question. Se retirer un moment pour chercher une nouvelle vision n’est pas une faiblesse, mais une nécessité. Un artiste vivant est celui qui accepte de se renouveler», a-t-il ajouté.
Il a cité Aimé Mpane comme un exemple d’évolution constante dans la pratique artistique contemporaine, marquée par une recherche continue autour de la mémoire, du corps et de l’identité africaine.
« Dans cette perspective, Aimé Mpane apparaît comme un exemple rare d’évolution constante. Son parcours montre une recherche permanente autour de la mémoire, du corps, de l’identité africaine et des matières récupérées. Il ne reste jamais enfermé dans une seule manière de produire. Son travail dialogue avec la sculpture, l’installation, la peinture et les objets du quotidien, dans une démarche toujours en mouvement », a-t-il indiqué.
Poursuivant, il a précisé : «Cette œuvre en est une preuve profonde. Le filet suspendu contenant des ballons, associé à cette surface fragmentée rappelant une mosaïque ou une peau reconstruite, crée une tension entre fragilité et résistance. La matière utilisée n’est pas décorative : elle parle. Le filet devient symbole d’enfermement, de poids social ou même de survie collective».
Selon lui, les œuvres d’Aimé Mpane sont marquées par des formes éclatées et des compositions fragmentées, traduisant des blessures silencieuses, des mémoires dispersées ainsi que des réalités africaines contemporaines en constante mutation.
« Les textures fragmentées évoquent les blessures, les mémoires dispersées et les réalités africaines contemporaines. Aimé Mpane transforme des matériaux simples en langage poétique puissant, prouvant que l’innovation artistique naît souvent d’une recherche intérieure sans fin», a-t-il conclu.
ACP/JF

