Le combat de Simon Kimbangu intègre la culture des responsabilités sociales en RDC

Kinshasa, 06 avril 2026 (ACP).- La culture des responsabilités sociales en République démocratique du Congo a été évoquée lundi, en rapport  avec la commémoration du combat de Simon Kimbangu, visionnaire du Kimbanguisme, par un acteur culturel du Kongo Central, province du Sud-Ouest de la République démocratique du Congo, joint par l’ACP.

« Commémorer Simon Kimbangu, ce n’est pas seulement se rappeler un nom ou une date. C’est transformer le souvenir en miroir pour notre présent, méditer sur ses choix, s’inspirer de sa résilience et interroger nos propres responsabilités dans la société. La commémoration devient ainsi un acte vivant, une invitation à l’action et à la réflexion plutôt qu’un simple rituel », a déclaré Yves Antoine Mbaki, « ambassadeur des valeurs », à l’occasion du 6 avril, journée dédiée à la conscience africaine et à ce panafricaniste congolais.

Pour lui, cette commémoration s’inscrit comme un acte vivant, une invitation à l’action et à la réflexion plutôt qu’un simple rituel.

« C’est transformer le souvenir en miroir pour notre présent, méditer sur ses choix, s’inspirer de sa résilience et interroger nos propres responsabilités dans la société. C’est reconnaître son courage face à l’oppression, sa fidélité à la foi et son engagement envers la dignité humaine », a-t-il ajouté, affirmant que les défis actuels tels que la corruption, les inégalités et les conflits réclament des repères solides tirés du combat du visionnaire du Kimbanguisme.

« La foi de Kimbangu nous rappelle l’importance de croire en un idéal supérieur, même face à l’adversité. Sa dignité nous montre que le respect de soi et des autres est un levier puissant pour transformer les relations sociales et politiques. Sa conscience éveillée nous enseigne la vigilance morale, agir avec intégrité, dénoncer l’injustice et contribuer à bâtir une société plus équitable », a laissé entendre Yves Mbaki.

À l’en croire, faire vivre cet héritage implique un engagement concret.

« Pour l’individu, cultiver l’honnêteté, la persévérance, le respect de la vie collective et s’impliquer dans des initiatives citoyennes ou éducatives », a-t-il soutenu.

Et de renchérir : « Pour la société congolaise, intégrer ces valeurs dans l’éducation, la gouvernance et la culture, en promouvant la justice sociale et la solidarité. L’héritage de Kimbangu devient alors un guide pour construire un futur où conscience, foi et dignité orientent chaque choix et chaque action».

 Appel d’un écrivain congolais à une célébration réfléchie du 6 avril en RDC

Dans le même registre, un appel à une célébration réfléchie de la date du 6 avril dédiée depuis avril 2024 au combat du prophète Simon Kimbangu et à la conscience africaine, a été lancé, par un écrivain congolais, lors d’un entretien avec l’ACP.

« J’appelle mes frères congolais à célébrer avec fierté la date du 6 avril, dédiée au combat du Prophète Simon Kimbangu et à la conscience africaine, et à l’honorer pour son importance capitale dans notre histoire et notre identité », a déclaré Richard Ali.

« Et quand je pense à tous ces temps perdus à étudier les dates de l’histoire des autres : les Mérovingiens, les Carolingiens, les Bonaparte, (…). Et qu’il y a même des amis qui ont dû redoubler parce qu’ils n’avaient pas mémorisé la vie des personnages de l’histoire des autres. Et qu’entre-temps, nous ignorions tout de la nôtre », s’est-il attristé, estimant, par ailleurs, que l’histoire de la RDC est riche en héros et en moments fondateurs qui méritent d’être célébrés et transmis aux générations futures pour perpétuer l’héritage et inspirer l’avenir.

Simon Kimbangu, pionnier de la lutte pour l’indépendance de la RDC

Dans la même lancée, l’œuvre de Simon Kimbangu, a été présentée à l’ACP, comme celle d’un précurseur de la lutte pour l’indépendance et la dignité africaine.

« Avant que les pères de la négritude et de la conscience africaine ne nous mettent le mot « Indépendance » dans la bouche, Kimbangu disait déjà : « Un jour, l’Homme noir deviendra blanc et le blanc deviendra noir » », a indiqué Emmanuel Kingombo, citoyen congolais, qui a dressé le portrait de Kimbangu comme un résilient.

« Avant Kasa-Vubu, Lumumba, Okito et les autres pères de notre indépendance, il y avait Kimbangu. Ce valeureux Congolais, en avance sur son époque, pouvait regarder les colons en face et leur dire les quatre vérités à une époque où l’échine congolaise était courbée ».

Le 6 avril 1921, Simon Kimbangu, alors que le Congo était sous colonisation belge, avait reçu une révélation pour prêcher l’émancipation de l’homme noir. Pour ses fidèles et bien d’autres africains, il s’est sacrifié pour libérer les Congolais de la colonisation belge, devenant ainsi une figure emblématique de la résistance et un symbole de l’éveil de la conscience africaine.

Par l’ordonnance n°23/042 du 30 mars, le Président Félix Tshisekedi avait décrété le 6 avril jour férié à travers le pays, en hommage à Simon Kimbangu et à la conscience africaine.

D’après un communiqué du ministère de l’Enseignement Primaire, secondaire et Technique (EPST) publié lundi, cette journée invite à renforcer le patriotisme, à cultiver une conscience citoyenne et à s’engager activement pour le développement national. ACP/JF

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