Kinshasa, 06 avril 2026 (ACP).- Nkamba, ville sacrée située dans la province du Kongo-Central, dans le sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), est considérée comme un lieu de pèlerinage important pour les adeptes du kimbanguisme, surnommée ‘‘Nouvelle Jérusalem’’, selon des notes d’archives consultées lundi par l’ACP.
« Nkamba a été fondée par Simon Kimbangu en 1921, après sa première guérison miraculeuse. Il a choisi cet endroit pour établir le centre spirituel de son mouvement, qui allait devenir le kimbanguisme », a-t-on lu dans lesdits documents archivant le début de la prédication de Simon Kimbangu, consultés en marge de la célébration du 6 avril, journée dédiée à la conscience africaine et au combat du visionnaire du kimbanguisme.
« Cette Cité est un lieu de pèlerinage important pour les kimbanguistes, qui y viennent pour se recueillir, prier et demander la bénédiction de Simon Kimbangu », a indiqué la source.
Selon la même source, Nkamba abrite plusieurs sites sacrés, tels que : « la maison de Simon Kimbangu, le temple de Nkamba, le mausolée de Simon Kimbangu, le jardin de prière ».
S’agissant de son économie, a-t-on fait savoir, Nkamba a battu ses socles sur le tourisme religieux.
« Les pèlerins qui visitent la ville contribuent à l’économie locale en achetant des souvenirs, de la nourriture et des hébergements ».
A en croire ces archives, la population de Nkamba, principalement composée de kimbanguistes, qui estiment que la ville est un lieu sacré, rassemble 10 000 habitants environ.
« Nkamba est un lieu de culture et de tradition pour les kimbanguistes. La ville abrite des cérémonies et des rituels importants, notamment la célébration de la naissance de Simon Kimbangu et la commémoration de sa mort ».
Au-delà de tout, Nkamba joue un rôle important dans la vie spirituelle des kimbanguistes sur le plan de la culture et des traditions qui attirent des milliers de visiteurs chaque année.
Le 6 avril 1921 marque l’accomplissement de la première guérison miraculeuse à Nkamba, par imposition des mains sur une femme gravement malade identifiée sous le nom de Nkiantondo.
Cet événement avait constitué le point de départ qui a attiré de nombreux fidèles dans ce village devenu, au fil du temps, le centre spirituel du kimbanguisme.
Considérée par les fidèles comme la ‘‘Nouvelle Jérusalem’’, la ville demeure l’un des hauts lieux de la mémoire religieuse et spirituelle dans le pays de Lumumba.
Le destin spirituel de Simon Kimbangu d’après les recherches d’un analyste abordé dans un forum

Le destin spirituel et le parcours historique de Simon Kimbangu, figure majeure de la mémoire nationale de la RDC, d’après les analyses du chercheur congolais Thomas Luhaka, ont été abordés lundi à Kinshasa, au cours d’un forum en marge de la célébration de la date symbolique du 6 avril marquant le début de sa prédication publique à Nkamba.
« Simon Kimbangu demeure l’une des figures les plus marquantes de l’histoire spirituelle et sociale de la République démocratique du Congo, dont le destin s’inscrit dans le contexte de la colonisation et de l’éveil religieux du peuple congolais », a retracé Thomas Luhaka, chercheur indépendant.
Né le 12 septembre 1887 à Nkamba, dans l’actuelle province du Kongo Central, Simon Kimbangu a grandi, d’après les dires de l’historien, à une époque correspondant à l’installation de l’administration coloniale et des missions protestantes le long de la route des caravanes, aménagée entre Boma et Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa.
Selon le chercheur, après le décès de sa mère, Kimbangu a été élevé par sa tante maternelle Kinzembo, parmi les premières converties au christianisme dans la région, qui l’a confié à la mission protestante de Lukunugu pour sa formation religieuse.
« C’est dans ce cadre qu’il apprend à lire et à écrire sur les textes bibliques en kikongo, avant de devenir catéchiste à la mission baptiste de Ngombe-Lutete », a-t-il précisé.
Le chercheur a, par ailleurs, relevé qu’après un passage à Léopoldville en 1920, où Kimbangu avait trouvé un emploi aux Huileries du Congo Belge (HCB), le prophète est retourné à Nkamba à la suite de plusieurs événements qu’il a interprétés comme un appel divin.
« A 33 ans, il devient ainsi le centre d’un mouvement religieux qui marquera durablement l’histoire du pays », a conclu le chercheur. ACP/JF

