Kinshasa, 22 mars 2026 (ACP).- Le désintérêt à grande échelle des Congolais pour la lecture de contenus poétiques a été désigné comme le principal défi rencontré par les poètes en République démocratique du Congo (RDC), a indiqué dimanche un poète, lors d’un entretien avec l’ACP.
« Le principal défi, c’est le déclin du lectorat. Les poètes souffrent de moins en moins de lecteurs. Les lecteurs se tournent davantage vers le roman, la nouvelle, l’essai ou d’autres formes de littérature ; la poésie, le langage des dieux, devient un art réservé à une minorité », a fait savoir Sam Kaya.
Le slameur a estimé que les poètes devraient trouver des moyens de rendre leur poésie plus accessible et plus proche de la vie quotidienne, tout en utilisant des langues locales pour toucher un public plus large.
« Tout le monde ne peut pas la lire ou la comprendre, et c’est regrettable, mais c’est une réalité à laquelle les poètes doivent s’adapter. Ainsi, le poète d’aujourd’hui doit naviguer entre un lectorat limité et les nouvelles formes de diffusion pour continuer à faire vivre son art », a-t-il dit.
Et de poursuivre : « et d’ailleurs, je pense que le slam, par exemple, offre une nouvelle manière de rendre la poésie accessible à un public plus large », avant d’expliquer que « la poésie n’est plus seulement lue sur le papier, elle est entendue, ressentie, vécue sur scène. Grâce au slameur et à la performance, la poésie retrouve une proximité avec le public et touche même ceux qui, autrement, n’y auraient jamais accès ».
En ce qui concerne la manière dont la poésie peut contribuer à la paix et à la compréhension mutuelle en RDC, Sam Kaya a expliqué que, « les écrits ont cette force unique : parfois, ils disent ce que les paroles seules ne peuvent exprimer. La poésie, en particulier, devient un instrument de paix et de dialogue, capable de transmettre des messages sans violence ni affrontement direct. Elle peut ouvrir la voie à la paix et à la compréhension mutuelle. Là où un débat peut échouer ou polariser, un poème peut faire entendre la vérité d’une manière sensible et universelle ».
« Si l’on pousse la réflexion plus loin, on pourrait même dire, avec un brin d’humour et d’audace, que les accords de paix gagneraient à être accompagnés de poésie ou, pire, que les accords de paix devraient être remplacés par de la poésie : parce que le mot juste, bien choisi, peut parfois désamorcer des tensions que la diplomatie seule peine à calmer », a-t-il conclu. ACP /C.L.

