Kinshasa, 15 décembre 2025 (ACP).- Le rôle fondamental de la rumba congolaise comme facteur de résilience, d’éveil des consciences et de paix, a été évoqué à Kinshasa, (en République démocratique du Congo), par un écrivain dans une vidéo relayée sur les plateformes de l’Institut des Musées Nationaux du Congo (Imnc) et consultée lundi à l’ACP
« Depuis des centaines d’années, la rumba était une sorte d’épopée de résistance. Mais d’année en année, on s’est rendu compte que finalement les musiciens, par leur contribution à la paix, se sont investis à fond pour la rendre un facteur de résilience, d’éveil des consciences et de paix», a déclaré le Professeur André Yoka Lye Mudaba, dans une vidéo relayée par l’Institut des Musées Nationaux du Congo ( Imnc).
Il a fait savoir que la rumba congolaise a accompagné de manière significative les moments les plus marquants de l’histoire de la République démocratique du Congo.
« En 1960, la chanson emblématique “Indépendance Cha cha”, interprétée par le chanteur congolais Grand Kallé, accompagné de son groupe l’African jazz, a été écrite pour faire hommage au front commun des Congolais qui étaient présents à cette rencontre au Palais des Congrès, à Bruxelles », a dit l’ancien Directeur général de l’Institut national des arts (Ina).
« L’épopée c’est aussi les compositions des musiciens. Quand vous suivez les compositions des musiciens à différentes époques de notre pays les thèmes sont toujours liés à la paix. Par exemple quand Lutumba Simaro dit :“ Mondele asala mandoki yakoboma bato kasi ya koboma vérité Mondele akoki te! ”(le Blanc a fabriqué l’arme pour tuer les hommes, mais il n’est pas parvenu à tuer la vérté), c’est très profond. Quand Franco Luambo dit “ Likambu ya Mabele tokotika te ” (C’est une question des terres, nous n’abandonnerons jamais), c’était un appel à défendre la terre ( la Patrie) à tout prix. Tabu Ley disait : “ Ngonga ebeti totelema tosimba Congo (…) (Le temps est là, tenons-nous debout pour tenir le Congo) », a-t-il ajouté.
Pour le Professeur Yoka Lye, « il existe tout un répertoire des thèmes et chansons exploités par les figures emblématiques de la musique congolaise, ceux qui ont fait de cette musique une véritable identité culturelle, pour dire non à la violence, tel que constaté dans l’Est du pays ». Durant trois jours, soit du 12 au 14 décembre, la rumba congolaise a été célébrée comme un symbole d’expression, de partage et d’ouverture pour la RDC , grâce au Marathon de la Rumba 2025 qui s’est déroulé dans trois musées de Kinshasa, notamment le Musée national de la rumba (Mnr), le Musée national de la RDC(Mnrdc) et le Musée d’art contemporain et multimédia (Macm). Cet événement culturel ponctué des colloques et des concerts était une initiative conjointe du ministère de la Culture, arts et patrimoines et de l’Institut des Musées nationaux du Congo. ACP/JF

