Kinshasa, 16 décembre 2025 (ACP).- La révolte face à l’exploitation des richesses de la République démocratique du Congo, a été placée au centre d’une pièce théâtrale intitulée ‘‘La danse du serpent’’, présentée à Kinshasa, par les étudiants de l’Institut national des arts (INA), d’après son auteur et metteur en scène, interviewé mardi par l’ACP.
« Le serpent n’a ni bras ni jambes, mais il peut se mouvoir sur la terre et parfois courir plus vite qu’un homme. Cela suppose qu’il reçoit des irradiations du sol. Lorsqu’il se met en mouvement, c’est déjà une forme de révolte et de révolution », a expliqué Van Nzeyi, professeur d’art dramatique à l’INA, précisant que le choix du titre répond à une forte symbolique liée à la terre et à la révolution des peuples opprimés.
Il a indiqué que cette symbolique renvoie également au lien profond entre l’homme africain et la terre, considérée comme le lieu de repos des ancêtres.

Les acteurs lors de la présentation à l’INA
« Nous, en tant que Congolais et Africains, avons un rapport permanent avec nos ancêtres qui sont sous la terre. Ce contact reste vivant, comme celui du serpent avec le sol », a-t-il ajouté.
D’après lui, l’œuvre aborde les situations de révolte et de révolution auxquelles fait face l’homme noir, notamment à travers les violences faites aux femmes et les conflits armés.
« Nous avons évoqué cette révolte à partir des femmes violées, des guerres qui ravagent notre pays, mais aussi des conflits alimentés par certains voisins et par des “multi-magouilles” qui financent différentes firmes pour venir nous déstabiliser », a précisé le metteur en scène.
Interprétée par les étudiants de cet alma mater, la pièce établit également un parallèle entre la communication du serpent avec la terre et celle de l’homme africain avec son environnement, son histoire et ses ancêtres, en particulier dans le contexte congolais marqué par l’abondance des ressources naturelles.
D’une durée d’une heure vingt minutes (1h20’), ‘‘La danse du serpent’’ met en évidence le paradoxe d’un pays immensément riche qui souffre à cause de ses propres ressources naturelles, soulignant que « le Congo ne devrait pas mourir de sa richesse ».
La pièce intègre par ailleurs des éléments du rituel africain, étroitement liés à l’identité culturelle. En Afrique, le rituel demeure une expression essentielle de la culture et un marqueur identitaire des peuples noirs à travers le monde.
Auteur et metteur en scène de la République démocratique du Congo, Nzeyi Van Musala se distingue par un style théâtral axé sur le mouvement du corps, donnant au spectacle une dynamique particulière, où les thématiques s’entrelacent et se succèdent, offrant au public une lecture multiple du message. ACP/C.L.

