Les langues nationales comme canal d’identification des appartenances culturelles en RDC

Kinshasa, 19 avril 2026 (ACP).- L’usage des langues nationales a été perçu, samedi, comme un canal de facilitation de l’identification des appartenances culturelles en République démocratique du Congo, lors de la clôture, dans l’ouest de Kinshasa, de l’activité culturelle dénommée ‘’Père Noël’’, visant à rapprocher les jeunes publics des expressions artistiques contemporaines.

« La langue constitue un vecteur essentiel de l’identité culturelle, permettant de savoir qui nous sommes et d’où nous venons. J’estime que l’usage du lingala et d’autres langues nationales facilite l’identification des appartenances culturelles », a déclaré Bayuwa di-Mvuezolo lors de son intervention.

M. Bayuwa di-Mvuezolo a aussi dénoncé ce qu’il a qualifié d’aliénation culturelle, estimant que certaines perceptions sociales privilégient encore « les langues étrangères au détriment des langues locales », appelant ainsi à un changement de mentalité.

« Cette initiative visait à rapprocher les jeunes publics des expressions artistiques contemporaines et à valoriser la création littéraire sous ses formes orales et scéniques, à travers notamment le théâtre et les lectures publiques », a de son côté expliqué Alice Sakina, initiatrice du collectif ‘‘Les Inattendus’’.

Mme Sakina a par ailleurs annoncé le lancement par son collectif du « Prix Prosper Gubarika », engagé dans la promotion de la littérature orale, dont les finalistes seront connus d’ici la fin du mois d’avril.

« Doté de 600 000 francs congolais, ce prix sera remis lors d’un festival de lectures publiques prévu en août 2026 », a-t-elle dit.

Littérature et engagement face aux réalités de la guerre

Dans le même registre, Albert Ilunga, l’un des panelistes, a plaidé pour une plus grande implication de la littérature dans les stratégies de sensibilisation et de paix, affirmant qu’« un livre est comme une bouteille jetée à la mer », susceptible de toucher des lecteurs aux horizons divers.

Évoquant son œuvre consacrée aux réalités de Goma, il a insisté sur la nécessité de promouvoir la paix, qu’il considère comme une « exigence humaine fondamentale », appelant également à prévenir les conflits en amont plutôt qu’à les condamner une fois déclenchés.

ACP /C.L.

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