Kinshasa, 29 avril 2026 (ACP).- La feue chanteuse Lucie Eyenga de la République démocratique du Congo (RDC) a été présentée mercredi comme une étoile des muses de la chanson congolaise, pour son apport artistique de pionnière de la rumba, par un chroniqueur culturel lors d’un forum.
« Elle est une étoile dans une grande constellation des muses, aux côtés de Marcelle Ebibi, Catherine Egbolo et tant d’autres qui ont porté haut la voix féminine congolaise », a déclaré Chadrack Mpereng.

Une vue du feue chanteuse Lucie Eyenga parmi les vielles gloires
Le terme “ muses“, inspiré de la mythologie grecque, désigne ici les figures féminines emblématiques ayant marqué et inspiré l’histoire de la rumba congolaise, a précisé l’intervenant.
« Première femme à s’imposer au sein de l’African Jazz de Joseph Kabasele dès 1954, Lucie Eyenga a brisé les barrières dans un milieu musical largement dominé par les hommes durant les années 50 et 60 », a-t- il rappelé.
« Sa chanson “ Dit moninga“, samplée par Koffi Olomide dans “Aspirine“, est une vraie pépite qui fait de Lucie Eyenga le symbole de la minorité encourageante de la chanson congolaise féminine de l’époque », a-t- il indiqué.
Chanté en solo, ce morceau interpelle toutes celles et ceux qui s’aiment de ne pas prendre en compte ce qui peut être dit de négatif à propos de leur union.
« Dans cette chanson, Lucie Eyenga affirme que son cœur appartient à l’être aimé et que, malgré les médisances, les insultes, la haine ou la jalousie des autres, rien n’altérera la joie et l’amour de leur couple », a-t- il détaillé.
Cité dans le même forum sous la rubrique “ Les légendes de la rumba congolaise ”, Alain Mabanckou, romancier franco-congolais, a salué la diva en ces termes : « Quand elle ouvrait la bouche, le fleuve Congo se taisait pour écouter. Année 1954… Première voix de femme à franchir le seuil des grands orchestres l’African Jazz du Grand Kallé, le Rock-A-Mambo de Nino Malapet, l’African Fiesta Sukisa du Dr Nico. Partout, elle posait son timbre comme on pose une bénédiction. Sans elle, le sentier n’aurait jamais existé. Ni Abeti, ni M’Pongo, ni Tshala, ni Mbilia n’auraient su par où passer ».
Pour l’acteur culturel, la révolution de l’équilibre déclenchée par Emma Louise Putu Okoko, première femme musicienne et poly-instrumentiste de la musique congolaise, d’origine gabonaise, a aujourd’hui apporté une vraie considération des femmes chanteuses en RDC.
Née en 1934 à Coquilhatville (Mbandaka, Congo Belge), Lucie Eyenga demeure l’une des figures majeures de la rumba congolaise.
Lorsque cette immense chanteuse s’est éteinte le 12 décembre 1987 à Kinshasa, à l’âge de 53 ans, c’est toute la musique congolaise qui a perdu sa plus grande voix féminine, et sa figure, plusieurs années après sa mort, est demeurée présente aussi bien auprès du public que des musiciens.
ACP/UKB

