Kinshasa, 27 mai 2026 (ACP)– Les habitants de l’Est de la République démocratique de Congo (RDC) ont été sensibilisés à observer scrupuleusement les mesures barrières en vue de rompre la chaîne de transmission du virus Ebola, dans une chanson intitulée “Tufukuze Ebola (Chassons Ebola) », du reggaeman congolais Mack El Sambo, selon l’artiste joint mercredi depuis Goma par l’ACP.
« Dans le cadre de ma mission habituelle, je mène une action de sensibilisation de la population en l’exhortant en ces termes : si nous ne prenons pas cette maladie au sérieux, si nous ne respectons pas les mesures barrières et les consignes du personnel de santé, nous risquons de compter beaucoup de victimes, aux côtés de la guerre qui endeuille l’est de notre pays depuis plusieurs années », a déclaré Mack El Sambo.
L’artiste a indiqué avoir enregistré la chanson “Tufukuze Ebola” en deux versions. L’une en swahili, l’autre en français. Selon lui, cette initiative vise à atteindre les habitants de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, régions où la maladie a resurgi.
Le rastaman congolais a expliqué avoir agi aux côtés d’humanitaires, de volontaires et de bénévoles, face à la mobilisation internationale pour soutenir la riposte.
Il a affirmé que l’Ituri constitue actuellement l’épicentre de l’épidémie, en citant notamment la cité de Mungwalu, qu’il a décrite comme une zone reculée où le message doit parvenir.
Il a précisé avoir choisi le swahili pour toucher directement les populations de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où cette langue est largement comprise. La version française, a-t-il expliqué, s’adresse à ceux qui ne parlent pas swahili dans les zones touchées.
Sur le plan musical, l’artiste a déclaré avoir opté pour un mélange de reggae et de rumba afin d’éviter un ton mélancolique.
« Je ne voulais pas produire une chanson de deuil. J’ai préféré un rythme un peu dansant, pour montrer que Ebola n’est pas une fatalité », a-t-il rapporté, avant de préciser que la chanson dure 4 minutes 20 secondes.
Mack El Sambo a par ailleurs appelé les populations à respecter les mesures barrières et à accepter la mise en quarantaine en cas de contact avec un cas positif.
« C’est à ce prix que nous pourrons éradiquer la maladie », a-t-il dit, concluant que :
« Ceux qui sont morts, nous les regrettons amèrement. Mais nous voulons que cela s’arrête ici. Notre objectif est de mettre fin à cette maladie, de la mettre hors d’état de nuire et de la chasser loin de chez nous ».
Depuis la découverte du virus en 1976 dans l’ex-Zaïre, la RDC connaît sa 17ᵉ épidémie d’Ebola.
L’expérience des précédentes flambées a confirmé le rôle crucial du suivi communautaire pour stopper la propagation du virus.
Causée par la souche Bundibugyo, cette 17ᵉ épidémie intervient dans un contexte où aucun traitement ciblé ni vaccin n’est encore disponible.
Dans ces conditions, l’observance stricte des règles d’hygiène demeure le principal moyen de prévention.
Né à Kiwanja, cité du territoire de Rutshuru dans l’ex-province du Kivu, Machozi Kataka Lusambo alias Mack El Sambo, est auteur-compositeur, instrumentiste, chanteur et interprète évoluant dans l’est de la RDC. Il compte à son actif quatre albums :
“Sikujuaka (Pacification)”; “Plus jamais par les armes“; “Motion de censure“, et plusieurs singles qui traitent de la situation sécuritaire de sa région.
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