Kinshasa, 27 mai 2026 (ACP) –L’apport musical du défunt chanteur brazzavillois, Aurlus Mabélé, marqué par la popularisation du soukous, a été remis en lumière à titre mémoriel, par un écrivain dans son ouvrage: “Le Carnet d’Eddy”, a-t-on appris mercredi de l’auteur.
« C’est surtout en Europe qu’Aurlus Mabélé, né Aurélien Benoît Miatsonama le 24 octobre 1953 à Brazzaville, a révolutionné la musique congolaise moderne. En 1986, avec Diblo Dibala et Mav Cacharel, il a fondé Loketo et a imposé une formule redoutablement efficace : une musique directe, festive, construite autour du refrain et du sébéné, pensée pour faire danser immédiatement. Cette approche est devenue le modèle de toute une génération. Le soukous moderne venait de trouver son roi », a déclaré Eddy Ngombé Mwèné.
Selon l’auteur, le parcours d’Aurlus Mabélé s’est inscrit dans une trajectoire qui a dépassé le cadre local.
« Alors que de nombreux artistes de la rumba occupaient encore les bars, dancing-clubs et petits espaces d’ambiance de Kinshasa et Brazzaville, le chanteur originaire de Poto-Poto s’est produit sur des scènes d’Afrique, des Antilles, des Caraïbes, d’Europe et des États-Unis », a relaté Eddy Ngombé Mwèné.
La source a également rappelé qu’Aurlus Mabélé avait participé, dès 1974, à l’aventure des Ndimbola Lokole aux côtés de Jean Baron, Mav Cacharel et d’autres musiciens. Il a présenté cette étape comme un jalon dans la construction de son style, avant la création de Loketo.
L’auteur a par ailleurs souligné que, l’artiste avait contribué à porter le lingala et la sape sur des scènes internationales, contribuant ainsi à leur visibilité hors du continent africain.
« Loketo a été présenté comme l’un des orchestres congolais ayant connu une audience étendue dans les années 1980 et 1990 », a-t-il relevé.
De l’avis d’Eddy Ngombé Mwèné, la recette musicale d’Aurlus Mabélé a mêlé inspiration populaire congolaise, rythmes euphorisants, chœurs féminins parisiens et guitares flamboyantes.
Évoquant la riche discographie de l’artiste, l’écrivain a cité la collaboration initiale avec Diblo Dibala, puis avec Dally Kimoko, Popolipo et plusieurs guitaristes actifs à Paris. Il a également mentionné la participation de Jean Baron, Macaire, Rémy Salomon, Blandin Wabacha, Lucien Bokilo, Mav Cacharel et d’autres musiciens congolais à cette dynamique.
Mwèné Eddy Ngombé a indiqué qu’en vingt-cinq ans de carrière, Aurlus Mabélé avait vendu plus de 3 millions d’albums, contribuant à faire connaître la musique du Congo auprès de publics divers. Il a toutefois, noté que le regard porté par le pays sur son œuvre avait parfois été jugé insuffisant par des observateurs, et a présenté ce point comme un regret évoqué dans le milieu culturel.
L’auteur a conclu en estimant que l’histoire avait déjà statué sur la place de l’artiste, qu’il a décrit comme l’un des ambassadeurs de la musique congolaise contemporaine.
À noter que le Soukous est un genre musical originaire de la République du Congo et de la République démocratique du Congo (RDC). Aurlus Mabélé est décédé le 19 mars 2020 à Paris, des suites du Covid-19.
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