Kinshasa, 26 avril 2026 (ACP).- Les enjeux économiques de la culture en Afrique ont figuré parmi les questions essentielles évoquées lors du ‘‘Marché des arts du spectacle africains’’ (Masa), tenue du 11 au 20 avril à Abidjan, en Côte d’Ivoire, a appris dimanche l’ACP d’un participant de la République démocratique du Congo.
« En tant qu’acteur et entrepreneur culturel africain, j’ai eu l’honneur d’être officiellement invité à représenter la République démocratique du Congo à la 14ème édition du Masa d’Abidjan, l’un des plus importants rendez-vous des industries culturelles et créatives en Afrique. Au-delà des spectacles, nous avons décrypté les enjeux et l’impact économique du secteur de la culture, qui sont désormais palpables », a fait savoir Vincent Kunda, opérateur culturel.
« Ce marché a démontré concrètement que la culture, lorsqu’elle est structurée, devient un levier économique puissant. L’impact était visible : parcs hôteliers complets, restauration dynamique et mobilité urbaine intensifiée », a-t-il ajouté.
L’entrepreneur a également martelé la pertinence des échanges lors des tables rondes axées sur les politiques culturelles, les défis de financement, ainsi que la problématique de la mobilité des artistes et des biens culturels sur le continent.
« La question de la mobilité reste aujourd’hui un frein majeur à la circulation des œuvres et au développement des marchés culturels », a-t-il précisé.
La culture perçue comme une mine d’or en Afrique
Selon le panéliste congolais, il est temps que la culture soit portée au sommet des politiques publiques et considérée comme une industrie stratégique, créatrice d’emplois, de valeur et d’influence.
« L’événement nous a rappelé une évidence : l’Afrique est une mine d’or culturelle », a indiqué la source.
Toutefois, il a salué les facilités d’accès accordées aux participants internationaux, tout en plaidant pour une meilleure collaboration entre les ministères et les opérateurs culturels africains afin de renforcer la mobilité artistique.
« Cette immersion synergique a permis de nouer de nouvelles collaborations et d’enrichir les perspectives professionnelles. Ce festival est un véritable carrefour des cultures, des marchés et des idées », a laissé entendre Vincent Kunda.
L’expert congolais a aussi salué la place accordée à la jeunesse, notamment à travers des initiatives telles que la « Street Art Zone », estimant que cette orientation constitue un signal fort pour l’avenir du secteur.
« La culture ne se construit pas seulement avec les professionnels d’aujourd’hui, mais aussi avec les publics de demain », a-t-il insisté.
Sur le plan artistique, l’opérateur culturel a loué les performances des artistes dont les prestations ont marqué les scènes durant cette édition.
« J’ai été impressionné par le village dédié au Zouglou, où nous avons découvert la richesse de ce genre musical mêlant humour, critique sociale et résilience, tout en notant des influences proches de rythmes congolais tels que le Ndombolo », a-t-il conclu.
Organisée du 11 au 20 avril, l’édition 2026 a confirmé le positionnement du Masa comme une plateforme internationale majeure, marquée par une mobilisation exceptionnelle de plus de 500 000 spectateurs, plus de 300 spectacles et près de 2 000 artistes venus de plus de 100 pays. ACP/C.L.

