Kinshasa, 27 septembre 2026 (ACP).- L’introduction des cuivres et de la batterie de jazz dans les formations des deux rives du Congo a marqué la modernisation dans les années 1940, avec l’émergence du Melo Congo à Brazzaville et de l’Odéon Kinois en République démocratique du Congo, a indiqué dimanche à l’ACP un acteur culturel.
« L’introduction des cuivres et de la batterie de jazz dans les formations musicales des deux rives du fleuve Congo a marqué un tournant dans la modernisation de la musique congolaise au cours des années 1940. Cette évolution s’est notamment illustrée avec l’émergence du Melo Congo à Brazzaville et de l’Odéon Kinois à Léopoldville, deux formations ayant participé au renouvellement des sonorités de la musique populaire », a déclaré Lino Depepito, acteur culturel.
Inspiré par les fanfares, le jazz de La Nouvelle-Orléans, la rumba et les rythmes traditionnels, le Melo Congo associait notamment saxophone, clarinette, trompette, guitare, piano et batterie, tout en se produisant dans les dancings de Poto-Poto et à Léopoldville.
« Léopoldville, l’Odéon Kinois d’Antoine Kasongo a développé une approche mêlant les cuivres et la rumba, tandis que la collaboration avec le guitariste Zacharie Elenga, dit « Jhimmy », a accompagné l’enregistrement de plusieurs titres aux éditions Olympia et Ngoma », a-t-il dit.
Selon lui, cette période a été marquée par une forte émulation entre les musiciens, les orchestres et les maisons d’édition, contribuant à l’évolution des sonorités and à la structuration progressive de la musique congolaise moderne.
« L’Odéon Kinois a également compté parmi ses figures Manuel d’Oliveira, guitariste, auteur-compositeur et chanteur, cofondateur du courégisme avec Wendo Kolosoy et collaborateur des éditions Ngoma, où il s’est distingué par des compositions considérées comme élégantes et poétiques », a-t-il indiqué.
Et de poursuivre : « Emmanuel Damongo Dadet, saxophoniste, clarinettiste et guitariste polyvalent, figure parmi les premiers musiciens à avoir associé les éléments du folklore aux harmonies modernes du jazz, transmettant ensuite son expérience instrumentale à son jeune cadet et disciple Nino Malapet. Paul Mwanga, auteur-compositeur et chanteur de la première génération des troubadours kinois, s’est pour sa part fait connaître par des chansons inspirées des réalités sociales de Kinshasa, participant aux premiers développements du chant rumba traditionnel-moderne».
A l’en croire, le guitariste et saxophoniste de rigueur, Antoine Kasongo est le père fondateur des orchestres de cuivres à Kinshasa. « Reconnu pour la discipline de fer qu’il imposait à ses musiciens, il a su créer une rumba cuivrée, accrocheuse et harmonieuse. Au sommet de sa gloire dans les années 1950, tout en conservant sa touche rumba-jazzy, il opère un retour aux sources en intégrant les mélodies et harmonies folks du Haut-Congo, réalisant ainsi une synthèse parfaite entre tradition populaire et modernité urbaine ». ACP/Kabe (SP)/Isr

