Kinshasa, 27 septembre 2026 (ACP).- Les relations entre les Luba du Kasaï et du Katanga, souvent présentées sous l’angle d’un conflit entre communautés, ont été analysées dimanche à Kinshasa, en République démocratique du Congo, par un notable joint par l’ACP comme issues de peuples d’une même souche historique.
« Les intérêts communs et les liens historiques entre les Luba du Katanga et du Kasaï doivent être privilégiés, sans clivages communautaires, car ils s’inscrivent dans la logique d’un peuple de la même souche. Ce dernier est appelé à promouvoir une lecture fondée sur les liens historiques au sein d’une histoire plus complexe, marquée notamment par les migrations, les déplacements de populations et les recompositions politiques intervenues dans le passé », a déclaré Jean-Paulin Kasongo.
Selon des récits historiques et des analyses consacrés aux populations luba, rapportés par ce notable, les deux groupes s’inscrivent dans un ensemble historique et culturel plus large, dont les ramifications se sont progressivement différenciées au gré des mouvements de populations et des évolutions politiques et administratives.
« Durant la période coloniale belge, l’essor de l’industrie minière au Katanga a entraîné l’arrivée de travailleurs venus de différentes régions, notamment du Kasaï. La présence importante de cette main-d’œuvre dans les zones minières a contribué à modifier les équilibres sociaux et économiques locaux », a-t-il rapporté, précisant que dans un contexte marqué par la compétition pour l’emploi et l’accès aux ressources, des tensions identitaires ont progressivement émergé.
« Après l’accession de la RDC à l’indépendance en 1960, les recompositions politiques et les crises qui ont marqué les premières années de la République ont également contribué à renforcer certaines identifications régionales et communautaires ».
« L’identité ethnique a parfois été mobilisée dans les luttes pour le pouvoir, donnant une dimension politique à des différends qui avaient également des causes économiques et sociales », a renchéri le notable.
Pour M. Kasongo, comprendre ces tensions nécessite ainsi de dépasser une lecture fondée exclusivement sur l’opposition entre communautés.
« Les relations entre les populations du Kasaï et du Katanga sont le produit d’une histoire faite à la fois de proximité culturelle, de migrations, de brassages et de périodes de tensions ». Dans cette perspective, a-t-il conclu, le tribalisme apparaît moins comme une fatalité que comme un phénomène susceptible d’être alimenté ou atténué par les discours politiques, les intérêts économiques et les dynamiques sociales. ACP/Kayu/Isr

