Musique congolaise : les concerts en France contribuent aux recettes publiques et économiques

Kinshasa, 05 novembre 2026 (ACP).- Les concerts des musiciens de la République démocratique du Congo (RDC),  ont toujours généré des retombées économiques et fiscales importantes, en France, notamment à travers la billetterie, les prestations de production, les emplois et les dépenses des spectateurs, a indiqué jeudi un expert culturel joint par l’ACP depuis Kinshasa.

« La musique congolaise, particulièrement la rumba, ne se limite pas au divertissement. Elle constitue également une activité économique  qui génère d’importantes recettes pour  la France », a déclaré Didi Kembwarss, expert culturel indépendant.

Selon lui, les productions musicales congolaises organisées dans de grandes infrastructures françaises, notamment au Stade de France, à Paris La Défense Arena, à l’Accor Arena et au Zénith de Paris, mobilisent plusieurs secteurs économiques, au-delà des revenus perçus par les artistes et leurs producteurs.

« C’est toute une économie qui se met en mouvement, au bénéfice des entreprises, des travailleurs et des finances publiques françaises », a-t-il expliqué.

Abordant la fiscalité de la billetterie, cet expert a rappelé qu’en France, les billets de concert sont généralement soumis à une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 5,5 %, ainsi qu’à une taxe de 3,5 % sur les recettes hors taxes pour les spectacles concernés, destinée au Centre national de la musique (CNM).

À titre illustratif, il a évoqué une simulation portant sur un concert de 40.000 spectateurs, avec un billet moyen de 100 euros, toutes taxes comprises (TTC).

« Dans cette hypothèse, les recettes de billetterie atteindraient quatre millions d’euros TTC, dont environ 208.531 euros de TVA et 132.701 euros de taxe destinée au Centre national de la musique, soit un total estimatif de 341.232 euros de prélèvements », a-t-il détaillé.

Il a toutefois précisé que ces données constituent une simulation financière et ne correspondent pas aux recettes d’un concert effectivement organisé.

Concernant les dépenses de production, Didi Kembwarss a souligné que les grands spectacles nécessitent la mobilisation de plusieurs entreprises spécialisées dans la location des salles, la sonorisation, l’éclairage, la sécurité, la publicité et le transport du matériel.

« Ces prestations génèrent des activités économiques, des factures soumises à la fiscalité applicable, ainsi que des emplois et des cotisations sociales », a-t-il fait savoir.

L’expert a également relevé les retombées indirectes liées à la présence de milliers de spectateurs, qui sollicitent notamment les hôtels, les restaurants, les taxis, les véhicules de transport avec chauffeur et différents commerces.

« Si 40.000 spectateurs dépensent chacun 30 euros supplémentaires autour d’un événement, cela représente un potentiel de consommation de 1,2 million d’euros, dont une partie peut générer des recettes fiscales supplémentaires », a-t-il illustré, tout en reconnaissant que ces dépenses ne constituent pas nécessairement une consommation entièrement nouvelle pour l’économie.

Pour cet analyste culturel, les concerts des artistes congolais en France doivent ainsi être considérés comme des activités économiques dont les retombées dépassent le seul domaine artistique.

« La musique congolaise ne fait donc pas seulement danser les foules en Europe. Elle participe également à la création de richesses, d’emplois et de recettes publiques », a conclu Didi Kembwarss. ACP/Ka

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