Oslo : “Peace and Love” de Jessica Mushosi Mamu Afrika dédié à la RDC

Kinshasa, 15 octobre 2026 (ACP).- L’album “Peace and Love” d’une artiste congolaise résidente à Oslo, lancé sur le marché, a été dédié à la République démocratique du Congo, meurtrie par la guerre dans sa partie Est, pour prôner la paix, l’amour et l’unité nationale, a appris l’ACP jeudi de l’artiste.

« “Peace and Love” est un album que je dédie particulièrement à mon pays natal, la RDC, à mes racines. Comme chacun le sait, la guerre sévit dans l’Est. Lorsque je m’entretiens avec les miens là-bas, ils me disent que s’il y avait la paix et l’amour, nous pourrions encore espérer vivre », a déclaré Jessica Mushosi, surnommée “Mamu Afrika”.

« C’est mon huitième album, j’en suis très heureuse. J’ai toujours chanté le Congo, ce sont mes racines. Dans toute ma musique, il y a toujours eu la paix, l’amour et le Congo », a-t-elle ajouté.

Un plaidoyer pour la paix, l’unité et la dignité

Interrogée sur les thématiques de l’opus, l’artiste a indiqué avoir placé au cœur de son inspiration la paix, l’amour, l’unité, la solidarité et la dignité humaine, tout en exaltant les racines africaines, l’identité et l’espoir porté par la jeunesse.

« Cela fait trente ans que je vis en Norvège, et depuis mon départ, la guerre perdure à l’Est. Cet album est centré sur la paix, l’amour, l’unité, la solidarité et la dignité humaine, mais aussi sur nos racines africaines, notre identité et l’espoir d’un avenir meilleur pour la jeunesse. Je souhaite que chacun se retrouve dans ces chansons et y puise un message positif, dans un monde saturé de négativité », a-t-elle souligné.

Une signature musicale entre héritage et modernité

Sur le plan artistique, Jessica Mushosi revendique une signature qui allie héritage traditionnel et sonorités contemporaines, dans le souci de préserver une identité profondément africaine.

« Je m’appuie essentiellement sur les sonorités africaines, notamment les rythmes congolais, tout en y intégrant des influences modernes et internationales. Pour moi, la musique n’a pas de frontières. Je marie les instruments traditionnels aux sonorités contemporaines pour préserver une identité africaine tout en touchant un public international », a-t-elle expliqué.

« J’aime explorer différents univers musicaux, j’aime la musique qui vient d’ailleurs. Chez nous, nous avons tout, y compris en musique. Quand nous pleurons, nous chantons ; dans la rue, nous chantons ; à l’église, nous chantons ; où que nous soyons, nous chantons », a-t-elle ajouté.

La musique comme instrument de paix

Revenant sur son parcours, l’artiste a confié puiser son inspiration dans son vécu, depuis son enfance à Bukavu, dans la commune de Kadutu, où elle a fait ses premiers pas dans le chant choral à l’église, avant de s’ouvrir au monde.

« La musique a toujours été pour moi une arme de paix, qui nourrit ma curiosité, me permet de m’exprimer et de me reconstruire. J’aime chanter, je chante pour toucher les cœurs, qu’ils soient blancs, noirs ou issus de la diaspora », a-t-elle confié.

Hommage à Mbilia Bel et à Bill Clinton Kalonji

L’artiste a, par ailleurs, tenu à rendre hommage aux figures qui ont jalonné et inspiré son parcours musical.

« Je tiens aussi à rendre hommage à la grande Mbilia Bel. Même si nous n’avons pas eu la chance de nous rencontrer, je suis très fière qu’il y ait encore une grande dame qui porte haut la chanson. Elle fait partie de nos sources d’inspiration, à nous toutes, femmes congolaises qui chantons, car la musique congolaise n’est pas l’apanage des seuls hommes. Nous devons aussi montrer que les femmes peuvent accomplir de grandes choses », a-t-elle dit.

« Et mon véritable ami que j’affectionne beaucoup, Bill Clinton Kalonji, qui me soutient et m’encourage depuis longtemps« , a-t-elle ajouté, tout en soulignant la nécessité de la solidarité entre artistes congolais.

Au-delà de la scène, l’engagement humanitaire

Au-delà de sa carrière musicale, Jessica Mushosi, dite Mamu Afrika, s’illustre par son engagement humanitaire à travers son ONG Perle Noire, basée à Bukavu et active à Goma et dans l’Est du pays, région en proie à des conflits depuis des décennies. Une structure qu’elle a fondée pour redonner espoir aux plus vulnérables, en formant des jeunes filles désœuvrées à la couture et des garçons à la menuiserie et à la mécanique, en vue de leur autonomisation.

Installée en Norvège depuis 1993 où elle exerce en qualité de maîtresse de crèche, l’artiste est mère de trois garçons et auteure de cinq ouvrages pour enfants mettant en valeur l’enfant africain et ses valeurs.

Elle poursuit parallèlement sa carrière musicale en collaboration avec le producteur Mishka Productions, basé à Goma.

ACP/STJ(SP)

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