Patrimoine : “Ko Meka Te” de Pembey Sheiro évoqué pour sa qualité artistique exceptionnelle

Kinshasa, 15 octobre 2026 (ACP)- “Ko Meka Te”, tube ayant révélé la chanteuse Pembey Sheiro avant son virage gospel, a été mentionné jeudi pour sa qualité artistique, son identité musicale et la richesse de son inspiration, selon un analyste brazzavillois joint par l’ACP depuis Kinshasa en République démocratique du Congo.

« Une telle plume, une telle mélodie ne peuvent être que l’œuvre d’un grand. Dès les premières notes, “Ko Meka Te” affirme son identité musicale et révèle toute la richesse de son inspiration », a déclaré Eddy Ngombe, citant l’auteur Celi Bitsou, l’une des figures de l’âge d’or de la rumba congolaise.

« Lorsque Celi Bitsou prend la plume, c’est le maestro Maïka Munan qui assure la direction artistique et la direction musicale. A la guitare lead, on retrouve Huit Kilos, guitariste de l’Afrisa International, tandis que Miguel Yamba tient la basse », a-t-il indiqué.

Pour M.Ngombe, au-delà de cette équipe, l’œuvre est pleinement musicale, avec comme bouquet final la présence du Seigneur Rochereau Tabu Ley en personne à la direction lors des séances de studio, imprimant à la chanson un accent Afrisa.

Abordant le fond, il a indiqué que le thème de la jalousie y est richement exploité, avec des quolibets qui rappellent les disputes des rues de Kinshasa et Brazzaville, et la phrase savoureuse “Masumu ya zuwa ba kota ka lifelo te”, traduisible par “ Pour un crime passionnel, on ne va pas en enfer”.

Il a par ailleurs souligné que l’univers de Celi Bitsou est demeuré reconnaissable à travers ses images fortes, comme dans ses succès ‘’Mado, Je m’en fous’’ ou ‘’Tant pis pour toi’’, tout en rappelant que lors de la sortie de l’album ‘’Explosion’’ en 1993 chez Tamaris, la production avait misé sur cette rumba, mais le public avait finalement plébiscité Ominga.

Une carrière entre deux rives

Née à Stockholm, en Suède, Anna Pembé a été  révélée au public sous le sobriquet de “la belle des belles, Pembey Sheiro’’, en faisant ses premiers pas musicaux dans les chorales de l’Église évangélique du Congo, berceau de sa vocation, avant de s’illustrer dans la chanson populaire.

Figure appréciée des deux rives du fleuve Congo, elle s’est imposée comme une voix d’exception, à la croisée du sacré et du profane.

Sa notoriété s’est également bâtie au gré de collaborations avec des figures majeures de la scène kinoise, de Simaro Lutumba à Carlyto Lassa.

Après avoir marqué l’âge d’or de la rumba et du soukouss, elle a, depuis les années 2000, choisi de se retirer de la scène dite profane pour renouer avec sa foi des premiers jours, se consacrant désormais à la musique gospel. ACP/STJ(SP)

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