Papa Wemba demeure  une figure majeure de la Rumba congolaise

Kinshasa, 26 avril 2026 (ACP).- Dix ans après sa disparition, le chanteur Papa Wemba, a été décrit samedi  comme une figure majeure de la rumba congolaise, en marge du lancement d’une série d’activités en son hommage, au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale (CCAPAC), à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

« Papa Wemba est un artiste majeur de la musique congolaise. Je parle de cette variété-là : il est parmi les musiciens congolais de la rumba qui ont trempé dans beaucoup de variétés de musique. Quand on écoutait Papa Wemba, on écoutait des chansons différentes. Aujourd’hui, quand on écoute notre musique comme elle se joue là, on écoute la même chanson beaucoup de fois », a déclaré le chanteur Jean Goubald Kalala lors de son intervention.

Il a précisé que, par  sa voix, son influence et sa capacité à explorer plusieurs styles musicaux, Papa Wemba a enrichi la musique congolaise.

« C’était d’abord une voix. Et puis un homme, un personnage mais très influent. Et voilà, c’est un artiste qui naviguait sur beaucoup de courants de musique, il était très à l’aise. On garde Papa Wemba comme souvenir. On garde cette âme, ce grand frère, cette voix, comme on dit, l’homme meurt mais l’artiste à travers son art demeure. Donc on garde l’artiste à travers son art dans nos cœurs », a-t-il rajouté.

Selon lui, la jeunesse actuelle manque de curiosité et reste enfermée dans des schémas répétitifs, alors que la richesse de la musique congolaise vient de ses multiples traditions ethniques.

« Papa Wemba écoutait beaucoup de musique, c’est ce qu’il a traduit dans ses œuvres. Je dis que la jeunesse doit écouter beaucoup de musique pour enrichir notre rumba», a poursuivi Jean Goubald Kalala.

D’autres part, Rémy Césaire Tshamala, chargé de programmes média du CCAPAC, a expliqué que cette initiative, organisée par le ‘‘Grand Tambour’’ vise à rendre hommage à l’artiste chaque année en avril, de manière originale.

« La programmation du Grand Tambour s’est choisie de rendre hommage et de célébrer l’artiste Papa Wemba au travers un programme chaque année au mois d’avril. Et ce programme s’appelle ‘’Papa Wemba artiste majeur’’. L’objectif, c’est de célébrer, mais une célébration autre que celle qui est faite un peu partout dans la République. Alors cette année, nous allons le célébrer et lui rendre hommage durant trois jours», a-t-il expliqué.

Une rue baptisée au nom de Papa Wemba à Abidjan pour honorer son héritage

Dans un autre registre, une rue de la commune de Marcory à Abidjan, en Côte d’Ivoire, a été baptisée au nom de Papa Wemba, lors d’une cérémonie d’hommage organisée en mémoire de ce chanteur du pays de Lumumba, dix ans après son décès, selon la page Facebook de ladite municipalité consultée samedi par l’ACP.

« Une plaque marquant le baptême d’une rue au nom de Papa Wemba a été dévoilée vendredi à Anoumabo, dans la commune de Marcory à Abidjan en Côte d’Ivoire pour rendre hommage à l’héritage musical de l’artiste congolais connu sous le nom de Papa Wemba. Ce, dix ans après sa mort », a-t-on indiqué.

D’après la même source, la cérémonie a été présidée par le maire de Marcory, Raoul Aby et s’est tenue en présence des autorités locales et des habitants, dans un cadre chargé d’émotion.

Selon la municipalité, « cette initiative rentre dans la commémoration du dixième anniversaire de la disparition de Papa Wemba et dans les activités préparatoires du Festival des musiques urbaines d’Anoumabo(Femua) ».

Papa Wemba, la voix de la liberté pour la libération de Nelson Mandela

Par ailleurs, lavoix du défunt chanteur de la République démocratique du Congo, Papa Wemba, a été mentionnée vendredi parmi celles qui ont participé à l’appel pour la libération de Nelson Mandela à travers sa chanson « Esclave », d’après un professionnel des médias, à l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition.

« Aujourd’hui, nous rendons hommage à une icône mondiale de la rumba, une voix qui a traversé les générations et les frontières et qui, à travers la chanson ‘‘Esclave’’, a élevé la sienne pour dénoncer l’injustice et appeler à la libération de Nelson Mandela, s’inscrivant ainsi parmi les grands combattants de la liberté et de la dignité humaine », a laissé entendre Rodrigue Massala, reporter à Financial Afrik.

« Son art n’était pas seulement mélodie, mais aussi conscience, courage et vérité. Plus qu’un artiste, il fut un messager engagé dont la musique portait l’écho des luttes et des espoirs de tout un peuple », a-t-il poursuivi.

Pour M. Massala, l’héritage de Papa Wemba, disparu depuis le 24 avril 2016 sur scène, reste “vivant dans chaque note de Rumba, dans chaque cœur qui croit encore en la justice et en la liberté”.

« La région du Sankuru a vu naître Lumumba et Papa Wemba, dont la personnalité et le charisme ont illuminé la RDC et franchi les frontières. Que son œuvre continue d’inspirer les générations présentes et futures. Hommage éternel à ce géant de la musique et de l’engagement », a-t-il conclu.

Un vaste programme de commémoration a marqué, à Kinshasa et à Abidjan, le dixième anniversaire de la disparition de Jules Shungu Wembadio, dit Papa Wemba. À Kinshasa, des activités ont été prévues pour honorer la mémoire de ce pilier de la Rumba congolaise, surnommé chef coutumier du village Molokaï. ACP/C.L.

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