RDC : l’œuvre “Naissance d’une fille”, une création plastique centrée sur la ligne

Kinshasa, 27 avril 2026 (ACP).- L’œuvre intitulée « Naissance d’une fille « ,  de  feu plasticien Jean-Pierre Katembwe de la République démocratique du Congo, a été perçue  comme une proposition esthétique majeure, marquée par une écriture plastique radicale centrée sur la primauté de la ligne, a indiqué un critique d’art lors d’un échange avec l’ACP.

«Jean-Pierre Katembwe (1964–2021), dit Jean-Pie, impose dans Naissance d’une fille une écriture plastique radicale où la ligne devient langage premier. Fidèle à sa réputation d’« accro de la ligne », il construit des figures réduites à l’essentiel : des corps filiformes, des visages circulaires presque désincarnés, et des regards horizontaux qui semblent suspendus entre présence et absence», a déclaré John Bongenya, critique d’art.

« La composition, frontale et hiératique, évoque une scène rituelle. Trois figures dominantes surplombent un groupe, créant une hiérarchie visuelle qui peut se lire comme une communauté témoin de l’événement. L’enfant, discrètement inscrit dans la structure, n’est pas isolé : il est déjà pris dans un réseau de relations, comme si la naissance était avant tout un acte social plutôt qu’individuel», a-t-il ajouté.

Selon lui, l’œuvre déploie une intensité plastique rare, où la matière elle-même semble prendre la parole et donner une expérience presque méditative.

«Le traitement en noir, gris et lavis donne à l’œuvre une tonalité grave, presque méditative. Les coulures, volontairement laissées visibles, suggèrent à la fois la fragilité de la vie et la continuité organique entre les corps et le fond. Rien n’est vraiment séparé : les figures semblent émerger et se dissoudre dans la matière picturale», a-t-il indiqué.

Et de poursuivre : «Sur le plan symbolique, la fille qui naît ici n’est pas seulement un individu, mais une promesse, peut-être même une interrogation. Les visages sans expression marquée traduisent une ambiguïté : joie contenue ou inquiétude silencieuse ? Jean-Pie évite toute narration explicite pour privilégier une lecture ouverte».

Pour conclure, il a souligné la puissance discrète de l’œuvre, mettant en lumière sa capacité à s’imposer dans la durée malgré la retenue de ses moyens plastiques.

« »Naissance d’une fille » s’inscrit dans une esthétique de la retenue, où le minimalisme formel amplifie la profondeur du propos. C’est une œuvre qui parle bas, mais longtemps», a-t-il souligné.

ACP/JF

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