Kinshasa, 19 mai 2026 (ACP).- Le nouvel album de l’orchestre « Bantou de la Capitale » a été présenté à Paris comme une œuvre marquant la continuité, la transmission et le rayonnement de la musique congolaise, selon une réflexion d’un culturel congolais consultée mardi par l’ACP.
« Il ne s’agissait pas seulement de lancer un album, mais de redéployer une ambition, celle de porter plus haut encore le nom de l’Orchestre Bantou de la Capitale et de faire vibrer ses cordes au-delà des frontières congolaises », a déclaré Ouabari Mariotti, membre d’honneur à Paris du Comité « Bantou ».

Organisée le 16 mai à la Maison BH Electronic, dans le 10ème arrondissement de Paris, la cérémonie s’est tenue sous l’égide du Comité ‘‘Bantou Paris’’ représenté notamment par Didier Kabala, Alain Onkani, Marcellin Naka et Anytha Ngapy. Pour lui, cette rencontre a constitué bien plus qu’une simple présentation artistique. « Ce fut un moment où mémoire et création culturelle se sont donné la main », a-t-il soutenu. Selon l’analyste, l’objectif de cette initiative consistait à consolider davantage le rayonnement de l’orchestre aussi bien à l’intérieur du Congo qu’à l’international. Revenant sur l’importance historique du groupe, Ouabari Mariotti a rappelé que les ‘‘Bantou de la Capitale’’ dépassent le simple statut d’ensemble musical.

« L’Orchestre Bantou de la Capitale n’est pas qu’un ensemble musical. Il est un livre ouvert sur l’âme congolaise, tissé de symboles, de récits fondateurs et de mythes qui traversent les générations », a-t-il expliqué. Il a aussi estimé que la musique du groupe participe à la construction d’une mémoire collective et constitue un facteur de cohésion sociale. « Comme le sport, la musique possède ce pouvoir rare de rassembler ce que la vie sépare », a affirmé Ouabari Mariotti. L’auteur a, par ailleurs, rendu hommage aux figures historiques ayant porté l’identité musicale de l’orchestre, notamment Jean Serge Essous, Nino Malapet, Edo Nganga, Célestin Nkouka et Saturnin Pandi. Il a toutefois précisé que le renouvellement générationnel engagé au sein du groupe ne constituait pas une rupture. « Le rajeunissement des musiciens n’est pas une rupture, mais une renaissance », a-t-il indiqué. Concernant le nouvel opus, M. Mariotti a salué sa qualité artistique ainsi que le travail réalisé autour des compositions et arrangements. Il a cité les contributions de Moutouari Kosmos, auteur notamment des titres Bilizite, Esanga et Lyvie Baba, ainsi que sa collaboration avec Sam Mangwana. Le titre Pepe Faluzie de Simon Mangouani a également été évoqué parmi les œuvres figurant sur cet album. L’auteur a enfin lancé un appel aux autorités congolaises afin d’apporter un soutien plus structuré à cette formation musicale historique. « Si l’Orchestre Bantou de la Capitale est un porte-drapeau majeur de la musique congolaise, il ne peut porter seul le poids de sa survie », a-t-il conclu. ACP/

