Kinshasa, 19 mai 2026 (ACP).- La question de la femme comme gardienne de l’alimentation, des soins et des savoirs liés aux plantes médicinales en République démocratique du Congo a été placée au centre d’un débat axé sur l’évolution des modes de vie contemporains, a indiqué mardi une chercheuse lors d’un échange avec l’ACP.
« L’histoire nous révèle qu’à l’époque la plus reculée de l’histoire du continent africain, voire de l’humanité, la préparation des repas ainsi que la connaissance des plantes médicinales étaient associées à la femme. Premier être à nourrir physiquement l’être humain par le lait maternel, elle occupait une place centrale dans l’art de nourrir et de soigner. Cuisiner relevait ainsi d’un acte presque sacré » a déclaré Natou Pedro Sakombi, chercheuse en histoire contemporaine.
« Dire cela ne signifie nullement qu’aujourd’hui l’homme ne puisse pas aussi accomplir cette tâche, ni que la femme doive être réduite au rôle de » boniche « , comme on l’entend souvent de nos jours. Il s’agit plutôt d’une réalité qu’il est important pour la femme contemporaine de connaître et de comprendre : l’acte de cuisiner renferme une grande profondeur ainsi qu’une véritable richesse» a-t-elle ajouté Elle a précisé que l’ancrage ancestral de cette responsabilité dans les civilisations précoloniales.
« Ainsi, l’idée de la femme comme gardienne de l’alimentation, des soins et des savoirs liés aux plantes s’inscrit dans un héritage très ancien des civilisations africaines précoloniales. D’après les chercheurs tels que Diop, Acholonu ou Gimbutas, cette idée remonte au Néolithique, période où apparaissent l’agriculture, la sédentarisation et les premiers villages permanents» a-t-elle laissé entendre. Elle a, par ailleurs, mis en évidence le rôle central de la femme dans la préservation des savoirs agricoles, alimentaires et thérapeutiques au sein des sociétés néolithiques. « Dans de nombreuses sociétés néolithiques, les femmes étaient fortement associées : à la domestication des plantes, à la conservation des semences, à la préparation des aliments, aux soins, et à la connaissance des plantes médicinales » a-t-elle conclu. ACP/KK

