Kinshasa, 8 décembre 2025 (ACP).– Encourager la jeunesse à s’engager dans le professionnalisme en photographie a constitué l’objectif principal du projet d’exposition ‘‘Parcours de l’eau’’, organisé à Kisangani, dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo, pour préparer la relève, a indiqué un photographe lors d’un entretien lundi avec l’ACP.
« « Parcours de l’eau » prépare la relève, il faut d’autres perspectives, d’autres visions. Si on avait beaucoup de photographes engagés à Kinshasa et qui se suffisaient de raconter les histoires sans filtres, on allait peut-être avoir d’autres arguments ou avoir d’autres choses qui seraient montrées et poussées à des solutions (…) C’est dans cette perspective que j’ai essayé d’outiller les jeunes de Kisangani pour essayer d’articuler leur discours », a déclaré le photographe Arsène Mpiana.
Selon lui, l’atelier, organisé sur quatre jours, a porté sur la maitrise des bases techniques mais aussi sur la culture photographique. « Il a été question de démontrer qu’on peut faire une image nette si on respecte toutes les lois. Nous avons également parlé de la théorie de la culture photographique en présentant des références comme Gosette Lubondo ou Samy Baloji en Afrique. Nous leur avons montré comment ces photographes et pourquoi ils le font », a-t-il expliqué.
Le photographe a indiqué avoir voulu, à travers cette formation, transmettre ce qu’il a lui-même reçu. « Le but était de donner l’espoir de devenir photographe professionnel et d’offrir un espace d’échange et de discussion à travers l’exposition ‘‘Parcours de l’eau’’ », a-t-il souligné. Ce projet culturel entend contribuer à l’émergence d’un nombre significatif de jeunes photographes capables de valoriser leurs environnements.
« Ce qui importe, c’est de donner la chance à d’autres personnes de faire mieux que moi, Kisangani c’est une grande ville, pourquoi pas les Boyomais peuvent eux-mêmes raconter leur histoire. Matadi est une grande ville, pourquoi pas les photographes de Matadi racontent leur histoire. Ils ont beaucoup de mots, de connexions avec la ville que nous n’avons pas », a-t-il ajouté. Exposé pour la première fois à Kinshasa en octobre 2024, avant son édition à Kisangani, ‘‘Parcours de l’eau’’ retrace le parcours artistique d’Arsène Mpiana dans sa quête de professionnalisation. L’artiste y met en lumière l’importance des archives, notamment celles de Kisangani héritées de son père, ainsi que la relation particulière qu’il entretient avec l’eau, tout en invitant les Congolais à raconter leurs propres histoires. ACP/

