RDC : dialogisme, une approche pour réconcilier le droit et les réalités socioculturelles

Kinshasa, 04 novembre 2026 (ACP).- Le dialogisme a été relevé, mercredi à Kinshasa, en République démocratique du Congo, comme une approche susceptible de rapprocher le droit des réalités socioculturelles par une scientifique, dans une réflexion parvenue à l’ACP.

« Je fais référence ici au philosophe Raimon Panikkar pour mieux expliquer le dialogisme. Le philosophe invite, à travers son approche du « dialogue dialogal » (autrement dit le dialogisme), à dépasser la simple confrontation des idées pour instaurer une véritable rencontre entre les cultures et leurs différentes visions du monde »   , a indiqué Nicole Ntumba, Professeure à l’Université de Kinshasa.

« En anthropologie juridique, cette approche repose sur le principe selon lequel aucune culture ne détient, à elle seule, le monopole de la rationalité juridique », a-t-elle ajouté.

Illustrant cette réflexion par la question matrimoniale en République démocratique du Congo, Nicole Ntumba a relevé la coexistence de deux rationalités, à savoir celle du droit positif, qui consacre la liberté individuelle de choisir son conjoint, et celle de certaines communautés, où le mariage demeure une affaire familiale, voire lignagère, accordant une importance particulière au consentement des familles.

Pour Mme Ntumba, ces deux conceptions ne devraient pas nécessairement être opposées, mais plutôt mises en dialogue afin de favoriser une compréhension mutuelle, sans pour autant compromettre le respect des droits fondamentaux.

Elle a souligné que l’anthropologie juridique permet précisément de comprendre comment des systèmes normatifs différents peuvent se rencontrer, se confronter et, dans certains cas, parvenir à une réconciliation.

« Un droit qui ignore la culture risque de demeurer étranger à ceux qu’il prétend régir », a-t-elle fait observer, estimant que la capacité du droit à écouter la société constitue également un facteur essentiel de son acceptation et de son enracinement.

Cette réflexion met ainsi en lumière la nécessité de tenir compte des réalités socioculturelles dans l’élaboration et l’application du droit, tout en préservant les principes fondamentaux qui garantissent les libertés individuelles. ACP/Kay

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