RDC : Dicky Baroza  préoccupé pour la résurrection de la bonne musique d’antan

Kinshasa, 21 mai 2026 (ACP).- Le souci de Dicky Nicolas Baroza, alias « Petit Nico  » de la République démocratique du Congo (RDC), pour la relève et la résurrection de la bonne musique d’antan, a été explicité par le guitariste lors d’une interview accordée jeudi à l’ACP, en vue de retracer son parcours et les efforts déployés.

« Je voudrais ressusciter la bonne musique d’antan. Les talents ne manquent pas, mais les moyens font grandement défaut. On doit nous soutenir pour préserver et promouvoir ce patrimoine musical qui est en péril », a déclaré Dicky Baroza, guitariste congolais.

Pour lui, tout a commencé dans Kin Castonade, orchestre qu’il avait fondé avec ses aînés Engondoko, Bonda, Debuku et Tenue Trop.

« On avait également Elo à la basse et deux autres musiciens, Tenue Trop et Bouddha. Nous jouions au Bar Mbuma Elengi. Et au même moment, suite au départ de certains musiciens de l’African Jazz et de l’OK Jazz pour créer le Rock-A-Mambo, Tino Baroza m’a pris pour les accompagner dans leurs enregistrements. J’ai joué dans les premières chansons du cha cha cha congolais comme Baila de Serge Essous et tant d’autres », a-t-il précisé.

Et de poursuivre : « À l’approche de l’indépendance du Congo-Brazzaville, les musiciens venus de ce pays nourrissaient l’envie d’y retourner. Il s’agissait d’Edo Nganga, Célestin Kouka, Delalune, Pandi, Essous et Nino Malapet. Les quatre premiers jouaient dans l’OK Jazz et les deux derniers dans Rock-A-Mambo des Écuries Esengo. »

D. Baroza a, par ailleurs, éclairé la manière dont l’orchestre Kin Castonade était organisé au moment de son avènement.

« Au début, nous étions Essous, Célestin Kouka, Edo Nganga, Delalune, Pandi, Dignos, que j’avais amené, et moi-même. Au départ, on répétait sur l’avenue des Trois Martyrs vers le Rond-point Moungali, en aval du Ciné ABC. Papa Faignond nous a doté des instruments neufs qu’il avait ramenés de Paris. Notre sortie officielle a eu lieu le 15 août 1959 au Bar Chez Faignond. Ce fut un grand événement, une première à Brazzaville », a-t-il dit, avant de conclure sur cette phrase : « J’ai été expulsé pour des raisons inavouées. Après un concert, j’ai vu, le matin, les policiers débarquer chez moi pour me signifier mon expulsion. J’ai tout abandonné : la femme avec qui je cohabitais et tous mes biens (…). De retour à Kinshasa, j’avais trouvé l’orchestre African Jazz en dislocation ; bon nombre de musiciens venaient de quitter Grand Kallé juste après les fêtes de fin de l’année 1961. Grand Kallé m’a proposé de l’accompagner à Bruxelles pour des enregistrements pour le compte des Éditions Surboum African Jazz ».

Baroza, de son vrai nom Dicky Nicolas Tshilumba, est né à Matadi le 13 novembre 1939. Sa scolarité débute par un cycle primaire dans cette même ville avant de poursuivre un cycle professionnel à Léo II en menuiserie industrielle à Kinshasa.

En voyant ses cousins Nico Kasanda, Charles Mwamba et son frère Tino Baroza répéter chez lui en 1953, Dicky décide d’apprendre le solfège et la guitare. Il deviendra l’un des guitaristes les plus ouverts aux différents courants musicaux et l’un des plus remarquables jazzmen de son époque. ACP/JF

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