RDC : hommage d’un conteur  à Babacar Mbaye Ndaak, gardien africain de la parole

Kinshasa, 28 juillet 2026 (ACP).- Un hommage a été rendu à l’écrivain et conteur sénégalais Babacar Mbaye Ndaak, décédé  lundi à Dakar, par le conteur S.Konde, de la République démocratique du Congo (RDC),  le  qualifiant de « patriarche » et de « gardien de la parole », lors d’un entretien accordé à l’ACP.

« Je ne l’ai malheureusement pas rencontré en tant que conteur. C’était toujours un désir pour moi, en tant que conteur, de l’entendre, de parler de lui et de ses réalisations. C’était vraiment un patriarche dans le domaine du conte », a témoigné S. Konde.

Pour l’artiste congolais, Babacar Mbaye Ndaak n’était pas seulement un conteur, mais également « un gardien de la parole », capable de transmettre, de préserver et de sauvegarder l’histoire ainsi que la mémoire des peuples africains.

« Au-delà de tout ce que je peux dire, le vieux mérite beaucoup d’honneur à sa disparition. Il a créé une association,   mis en place des groupes pour accompagner les conteurs et il était toujours disponible pour le partage », a-t-il ajouté.

Surnommé le « Maître de la Parole », Babacar Mbaye Ndaak a consacré plusieurs décennies de sa vie à la sauvegarde, à la transmission et à la valorisation du patrimoine oral sénégalais et africain.

« Il a passé sa vie à protéger et à partager les contes et les récits d’Afrique. Je dirais que c’est vraiment un baobab qui vient de tomber pour l’Afrique, pas seulement pour les artistes, mais pour tout Africain qui aspire à écouter sa propre histoire et à retrouver l’identité de son peuple », a souligné le conteur.

Professeur d’histoire et de géographie, conteur et formateur, Babacar Mbaye Ndaak a été président fondateur de l’Association des conteurs du Sénégal ‘‘ Leeboon ci Leer’’, contribuant à la formation et à l’accompagnement de plusieurs générations de conteurs, de comédiens et de communicateurs.

Né à Ngourane, dans l’ancien Kajoor, au sein d’une famille de traditionnistes, il appartenait à la grande lignée des griots wolofs. Il a consacré sa vie à la transmission des savoirs et des valeurs culturelles à travers le conte et les récits issus de la tradition orale.

« Sa disparition nous laisse tous, en tant qu’artistes et panafricains, avec beaucoup d’inquiétude. Je rêvais un jour de le voir, de discuter et d’échanger avec lui, et surtout de comprendre son univers », a-t-il regretté.

Il était également écrivain et pédagogue.  Et  a notamment publié  ‘‘La Souris qui vole ‘’, un ouvrage de contes et de récits, tandis que son poème  ‘‘La danse de la pluie’’  a été publié sous forme d’album jeunesse.

« Je salue sa mémoire et sa disparition. Je souhaite que la terre  de nos ancêtres  soit paisible pour l’accueillir », a conclu S. Konde.ACP /

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