Kinshasa, 20 août 2025 (ACP).- La culture urbaine, à travers les créations artistiques, est considérée comme un mode de vie et un levier d’identité et de transformation sociale dans le but de façonner en profondeur le quotidien de la jeunesse en République démocratique du Congo (RDC), selon un opérateur culturel interviewé mercredi par l’ACP.
« La culture urbaine à Kinshasa est une vibration permanente. C’est une manière de vivre, de s’exprimer et de transformer la ville en scène quotidienne. Elle permet aux jeunes de réinventer leur identité. Elle constitue un socle de transformation à travers les créations artistiques dont la puissance attire, s’impose et façonne en profondeur la jeunesse dans la société», a soutenu Niamba Malafi, opérateur culturel. « Elle se manifeste souvent dans la musique qui contrôle les rues de la capitale, dans la mode improvisée mais très codée, dans le langage qui invente chaque jour de nouveaux signes.
La musique reste le moteur principal. Que ce soit le style ‘‘ndombolo’’, rap ou afrobeat. Mais la mode et le langage jouent un rôle tout aussi fort. Les deux approches donnent aux jeunes une identité visible, audible mais transformateur par leurs influences », a-t-il ajouté. Pour la source, les réseaux sociaux amplifient cette influence en donnant une scène sans frontières à des expressions qui, auparavant, restaient cantonnées à la rue. D’où, Malafi a insisté la nécessité pour les artistes et acteurs culturels de faire preuve de responsabilité dans leur création. Selon la source, qu’ils inspirent plutôt des messages pertinents et rationnels qui vont ouvrir l’esprit des jeunes en lieu et place de leur proposer des contenus sans substances qui les entraînent dans les dérives. « Il est important de canaliser cette énergie créative vers des initiatives positives telles que l’entrepreneuriat, l’éducation et l’engagement communautaire », a soutenu l’opérateur culturel.
Différence entre expression artistique et dérive comportementale
Par ailleurs, il a démontré la différence entre l’expression artistique et la dérive comportementale dans la culture urbaine. « L’expression artistique vise à communiquer, émouvoir, questionner ou transmettre un message, même de manière provocante. Elle a une intention constructive, même lorsqu’elle bouscule les normes. À l’inverse, une dérive comportementale est un acte sans but créatif, souvent nuisible, qui traduit une perte de repères ou un malaise profond, sans visée d’élévation ou de transformation», a expliqué Malafi Niamba.
« Je projette également de mettre en place un espace comme la Médiathèque Mutu-Buku, pour soutenir cette dynamique. La créativité de nos rues doit devenir un levier pour bâtir une société plus juste, plus ouverte et fière de ses origines », a-t-il conclu. Initiateur de plusieurs projets artistiques et fondateur de la structure ‘‘Malafi’arts Production’’, Malafi est un jeune entrepreneur culturel qui explore les liens entre culture, mémoire et politique dans la région centrale de l’Afrique et la diaspora. Il œuvre pour une expression artistique porteuse de valeurs et d’espoirs, rappelle-t-on.ACP/

