Kinshasa, 28 juillet 2026 (ACP).- La pré-dot, connue sous différentes appellations selon les communautés de la République démocratique du Congo (RDC), a été toujours considérée comme une étape préparatoire vers le mariage et ne saurait être assimilée à une union matrimoniale, selon une réflexion consacrée aux pratiques coutumières congolaises consultée mardi par l’ACP à Kinshasa.
« La pré-dot est une démarche qui permet de présenter officiellement le prétendant à la famille de la jeune fille et de manifester l’intention des deux familles d’accompagner le projet de mariage. Elle ne remplace ni la dot, ni le mariage civil, ni le mariage religieux », a expliqué Ruffin Baluvuidi dans sa réflexion.
Selon son analyse, cette étape, appelée notamment Kanga lopango ou Kufunga mulango selon les régions, est aujourd’hui souvent perçue à tort comme un mariage. L’auteur relève que la cérémonie est parfois marquée par des dépenses importantes liées à la décoration, aux tenues, aux cortèges, aux séances photographiques et à une forte exposition sur les réseaux sociaux.
Il a estimé toutefois que le faste entourant cette célébration ne garantit en rien la réussite du futur mariage.

La pré-dot
« Après la pré-dot, certains couples se séparent avant même d’arriver au mariage en raison de désaccords sur la dot, de difficultés financières, d’incompatibilités de caractère, d’infidélités, d’un manque de communication ou encore d’oppositions familiales », a-t-il relevé.
L’analyste a invité ainsi les fiancés à considérer la période des fiançailles comme un moment privilégié de préparation, marqué par un dialogue approfondi sur les questions essentielles de la vie conjugale, notamment la gestion des finances, l’éducation des enfants, les responsabilités de chacun, les valeurs, la foi, les relations avec les belles-familles et les projets d’avenir.
Il a mis également en garde contre la pression exercée sur certains fiancés, appelés à assumer dès la pré-dot l’ensemble des dépenses de leur future épouse, voire de sa famille, une situation susceptible de fragiliser le couple avant même la célébration du mariage.
Pour Ma. Mata Baluvuidi, la pré-dot devrait demeurer un acte de respect entre deux familles et une étape de préparation vers un engagement durable, plutôt qu’une compétition destinée à impressionner les invités ou les internautes.
Il a rappelé enfin que les fiançailles constituent une promesse de mariage et non le mariage lui-même, plaidant pour davantage de maturité, de prudence et de préparation afin de bâtir des unions solides et durables. ACP/N K

