Kinshasa, 15 septembre 2026 (ACP).- La protection des créateurs et l’amélioration de leurs conditions de rémunération ont été présentées lundi comme une nécessité pour inverser la tendance dans le secteur culturel en République démocratique du Congo (RDC), lors d’une rencontre au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale (CCAPAC).
« Il est grand temps d’inverser la tendance. », a déclaré Me Muabila Glody, secrétaire général de l’Adaco, estimant que les artistes, qui contribuent au rayonnement culturel de la RDC, devraient pouvoir vivre dignement de leurs œuvres grâce à une meilleure protection juridique et à une gestion plus efficace des droits issus de leur exploitation.
Abordant la question du droit d’auteur, il l’a présenté comme un mécanisme destiné à protéger les créations contre leur utilisation sans autorisation.
« Le droit d’auteur, c’est ce bouclier qui vous empêche que le voisin malveillant puisse voler votre création. », a-t-il expliqué, précisant que le droit d’auteur protège les œuvres, tandis que les droits voisins garantissent notamment la rémunération des interprètes, musiciens et producteurs.
Dans cette perspective, Me Muabila Glody a insisté sur la nécessité de vulgariser ces mécanismes auprès des acteurs du secteur culturel, afin de leur permettre de mieux connaître leurs droits et les moyens de les faire valoir.
La gestion collective face aux mutations numériques
S’agissant de la gestion collective, il a relevé les difficultés liées à la rémunération des créateurs lorsque leurs œuvres sont diffusées dans différents espaces et supports.
« Comment fait-on pour être rétribué quand une chanson passe dans tous les bars de Kinshasa, dans le bus, à la radio, sur toutes les plateformes ? », s’est-il interrogé, soulignant la nécessité d’un mécanisme permettant aux créateurs de percevoir leurs droits sur l’exploitation de leurs œuvres.
Par ailleurs, il a plaidé pour l’adaptation du cadre légal aux mutations du secteur culturel, notamment celles liées à la copie privée et à l’environnement numérique.
« Depuis la loi de 86 jusqu’à maintenant, nous ne sommes pas en mesure de pouvoir nous adapter par rapport aux enjeux liés soit à la gestion de la copie privée, aux enjeux liés au numérique », a-t-il déploré.
À ce sujet, il a appelé à renforcer la formation des acteurs culturels et à accroître l’implication de l’État dans la protection des droits des créateurs.
Sur la gestion collective, il a également défendu une évolution du système actuel, estimant qu’une telle réforme pourrait contribuer à améliorer la perception et la répartition des droits.
« Moi, à titre individuel, je me bats pour la libéralisation », a affirmé Me Muabila Glody, soulignant que cette évolution devrait associer les pouvoirs publics et les différents acteurs du secteur culturel.
La musique occupe une place importante dans la société congolaise, tandis que la rumba congolaise, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, constitue l’un des vecteurs du rayonnement culturel de la RDC. Malgré cette influence, plusieurs créateurs restent confrontés aux difficultés liées à la protection et à la rémunération de leurs œuvres.
ACP/DiO/BA

