RDC : un appel à renforcer la protection du droit d’auteur en Afrique

Kinshasa, 15 septembre 2026 (ACP).– Un appel à renforcer la protection du droit d’auteur en Afrique, notamment par la prévention des violations, la documentation des créations, la sécurisation des contrats et l’identification des titulaires de droits, a été lancé lundi, lors d’une ‘‘Table à palabres’’, organisée à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).

« Le créateur africain ne demande pas seulement à être applaudi, il demande à être reconnu. Il ne demande pas seulement que son œuvre soit diffusée, il demande que son travail soit respecté. Nous devons donc construire un système dans lequel le droit accompagne la création dès son origine et non uniquement lorsque le conflit apparaît. », a déclaré Me Patrick Tambwe, responsable juridique au Grand Tambour.

Il a estimé que la protection de la création devait également prendre en compte sa valeur économique et les conditions de son exploitation.

« Protéger la création, c’est protéger la dignité du créateur. Tracer l’exploitation, c’est sécuriser la valeur. Rémunérer équitablement, c’est donner un sens économique à la propriété intellectuelle. Et construire une gestion collective transparente, efficace et moderne, c’est contribuer à bâtir une véritable économie culturelle et créative en Afrique », a-t-il ajouté.

Une protection adaptée à la circulation numérique

Me Patrick Tambwe a insisté sur la nécessité d’adapter les mécanismes de protection à la circulation internationale et numérique des œuvres.

« Nos créations numériques peuvent atteindre en quelques secondes un public mondial. La protection des droits doit donc elle aussi être pensée dans une perspective régionale, continentale et internationale », a-t-il renchéri.

Dans le même sens, Me Schadrack Kalenga a souligné que le créateur africain devait être reconnu, respecté et justement rémunéré, afin que son succès puisse devenir une valeur économique durable.

Pour lui, une gestion collective transparente, efficace et moderne des droits constitue un levier essentiel pour le développement de l’économie culturelle et créative africaine.

La SOCODA appelée à mieux jouer son rôle

Pour sa part, Blaise Bula, président du conseil d’administration de la SOCODA, a mis l’accent sur la nécessité de renforcer la protection des droits d’auteur et des droits voisins en République démocratique du Congo.

Il a notamment déploré la faible connaissance des textes, l’absence de déclaration des œuvres par certains créateurs et l’insuffisance de bases de données fiables, autant de facteurs susceptibles de compliquer l’identification des œuvres et de leurs ayants droit.

« Il y a un sérieux problème de compréhension des textes. Donc aujourd’hui, ce qui se passe réellement dans la SOCODA nous interpelle tous. La SOCODA, en tant que coopérative, ne fait que la gestion et la défense des droits moraux et patrimoniaux pour l’intérêt des créateurs d’œuvres de l’esprit », a-t-il déclaré.

Le Grand Tambour entend apporter sa contribution

Par ailleurs, le Grand Tambour entend contribuer à la construction d’un environnement où la création est protégée, la culture valorisée et les créateurs équitablement rémunérés.

« C’est cette ambition que nous devons porter ensemble. C’est cette responsabilité qui nous incombe. Et c’est dans cet esprit que le Grand Tambour entend apporter sa contribution à la construction d’un environnement où la création est protégée, la culture valorisée et le créateur justement rémunéré », a conclu Me Patrick Tambwe.

ACP/NiM(sp)/BA

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