RDC : La transmission des connaissances en art photographique recommandée pour professionnaliser les jeunes    

Kinshasa, 20 août 2026 (ACP).- La transmission aux jeunes des connaissances  en art photographique pour une responsabilité professionnelle en vue de  contribuer à l’émergence de la République démocratique du Congo (RDC), a été recommandée mercredi par un expert du secteur à l’occasion de la Journée mondiale de la photographie, célébrée le 19 août.

« Aujourd’hui, notre responsabilité est aussi de transmettre. Partager nos connaissances avec les jeunes qui hériteront de ce domaine, les encourager à se former, à comprendre la photographie, à concilier la pratique et la science afin de contribuer à l’émergence de notre pays », a déclaré Patrick Nkusu, enseignant à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa.

Replaçant cette journée dans son contexte, l’expert a rappelé l’origine de la photographie.

« Nous sommes le 19 août, Journée mondiale de la photographie. C’est aussi une date qui nous rappelle l’histoire de cette invention, officiellement présentée et reconnue en France au XIXe siècle. Depuis, la photographie n’a cessé d’évoluer avec l’homme, traversant les continents avant de s’implanter en Afrique, notamment dans le contexte de la colonisation », a-t-il expliqué.

Selon lui, le rapport des Congolais à la photographie a évolué avec le temps.

« Un siècle plus tard, nous ne sommes plus de simples spectateurs de cette histoire : nous nous sommes approprié la photographie et en avons fait un véritable art, une discipline artistique, un métier et un moyen d’expression », a-t-il relevé.

Patrick Nkusu, expert en photographie

Évoquant le parcours national de cette discipline, M. Nkusu a salué plusieurs figures marquantes.

« Plusieurs photographes autodidactes ont marqué l’histoire de cette discipline en RDC. La photographie a connu une période particulièrement florissante à l’époque du Zaïre, avant de connaître, avec l’avènement du numérique, une véritable renaissance portée par de nombreux talents », a-t-il indiqué.

En sa qualité de praticien et d’enseignant, il s’est dit optimiste quant à l’avenir de la photographie congolaise.

« En tant que photographe pratiquant et enseignant à l’Académie des Beaux-Arts, je reste profondément convaincu que l’avenir de la photographie congolaise peut être beau. Nous avons toutes les cartes en main pour la faire rayonner davantage, non seulement comme pratique artistique, mais aussi comme réponse culturelle à notre époque », a-t-il affirmé.

Faisant référence à l’histoire nationale, il a cité Patrice Emery Lumumba, premier Premier ministre de la RDC.

« Patrice Emery Lumumba ne disait-il pas que l’histoire finirait un jour par dire son mot ? Cette histoire ne devrait pas être uniquement écrite ailleurs, mais aussi par les Congolais eux-mêmes, à travers notre propre regard, notre propre mémoire et notre propre vision », a-t-il souligné.

Pour l’enseignant, la photographie congolaise a également un rôle à jouer dans la construction et la préservation de la mémoire nationale.

« La photographie congolaise peut participer à cette écriture. Elle peut montrer notre grandeur, raconter nos réalités, préserver notre mémoire et faire découvrir au monde une autre image de notre pays », a-t-il soutenu.

Il a, à cette occasion, lancé un appel aux jeunes et aux professionnels du secteur.

« Alors, formons-nous. Transmettons. Créons. Documentons notre époque. Soyons une réponse aux problèmes de notre pays. Écrivons l’histoire que nous vivons aujourd’hui pour les générations de demain », a-t-il exhorté.

ACP/STJ (SP) / MN

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