Kinshasa, 22 août 2025 (ACP).- L’introduction du métier de Disc-jockey (DJ) à Kinshasa capitale de la République démocratique du Congo, a marqué une étape importante dans la valorisation et l’expansion de la musique en tant qu’art vivant, a appris l’ACP d’un chercheur en histoire contemporaine.
«Nous sommes au début des années 70, cette merveilleuse époque glorieuse de la musique congolaise moderne révèle le début du métier de Disc-jockey par l’irruption de Malonga Ntinu Malanda connu sous le pseudonyme de Champro King (…). Un homme qui a suscité de l’extase auprès des festivaliers kinois. Et qui a contribué en premier au rayonnement de ce métier et de son expansion sur les deux rives du fleuve Congo», a expliqué Franklin Mokho, chercheur en histoire contemporaine.
Longtemps perçu comme un simple animateur de soirées, le disc-jockey (DJ) joue aujourd’hui un rôle clé dans l’industrie musicale congolaise.
En RDC, ce métier gagne progressivement en reconnaissance grâce à l’évolution des goûts du public, l’essor des musiques urbaines, et l’influence des plateformes numériques.

Les DJs créent des ambiances, lancent de nouveaux sons, influencent les tendances musicales, et collaborent même avec des artistes pour produire des morceaux. Des noms comme DJ Abdoul, DJ Amaroula, ou encore DJ Couleur sont devenus populaires dans les clubs, sur les réseaux sociaux et lors de grands événements culturels.

Cependant, le métier reste peu valorisé sur le plan institutionnel souffrant d’un manque de formation professionnelle, d’encadrement juridique et de reconnaissance artistique.
La valorisation du métier de DJ en RDC passant par la professionnalisation, la promotion locale et la coopération avec les institutions culturelles, les DJs congolais sont appelés à briller sur la scène africaine et mondiale tout en renforçant l’économie créative nationale.Selon M. Franklin Mokho, «Il va falloir intégrer les DJs dans les politiques culturelles nationales, créer des écoles spécialisées ou des formations certifiées protéger leurs droits d’auteur et leurs œuvres, et encourager leur participation à des festivals nationaux et internationaux».
Le métier de Disc-jockey a trouvé ses racines à Kinshasa dans les années 1970, une période où la musique congolaise moderne connaissait un essor significatif notamment avec la contribution des pioniers comme Champro King (…). «Vedette pluridisciplinaire comme il se voulait, il le fut, grand charmeur, regard baratin derrière ses yeux sauvagement enfouis sous les tropiques, moitiés fermés mais de loin, compositeur de tubes réussis dont Semeki Kinsekwa, Marie Lubumbashi», a indiqué Franklin Mokho, ajoutant que celui-ci a été propriétaire de plusieurs bars à succès, notamment Casa del Rio Grande et Monte Cristo, des lieux incontournables pour la vie musicale et nocturne à Kinshasa.Né à Brazzaville le 1er septembre 1943, issu de l’union d’un père français et d’une mère congolaise originaire de Mavula, Malonga Ntinu Malanda dit Champro King s’installe à Kinshasa en 1963.
Il débute sa carrière musicale en intégrant l’orchestre Cobantou dirigé par Dewayon. Parallèlement, il s’impose comme un chanteur talentueux spécialisé dans les variétés étrangères.ACP/C.L.

