RDC : le mythe du «Tshibawu» comme sanction à l’infidélité féminine chez les Luba

Kinshasa 22 août 2025 (ACP).- Le mythe du «Tshibawu», enraciné dans la tradition Luba du centre de la République démocratique du Congo, a été reconnu comme un symbole fort de sanction de l’infidélité des femmes et de préservation de la cohésion familiale et sociale, a appris l’ACP jeudi d’un historien.

«Le Tshibawu est jusqu’à ce jour un symbole fort de sanction de l’infidélité des femmes et de préservation de la cohésion familiale et sociale. Dans la société patriarcale Luba, où la polygamie a été largement pratiquée et valorisée comme signe de richesse et de prospérité, le respect de la hiérarchie entre épouses et la fidélité ont été essentiels. Le Tshibawu a été utilisé comme mécanisme de régulation sociale et familiale», a fait savoir Gilbert Tshowa, historien des traditions africaines.

Pour lui, ce mythe est souvent associé au «Tshibindi», notion désignant la réparation de la faute.

«Les conséquences de l’infidélité pouvaient inclure maladies, impuissance, échecs financiers, errance, voire décès. Pour lever la malédiction, la femme fautive, dite « mwena tshibawu », a dû reconnaître sa faute, quitter le foyer conjugal et offrir des biens tels que poules et chèvres. Dans certains cas, elle a subi une humiliation publique», a-t-il souligné.

«Le Tshibawu a permis de maintenir l’ordre et la légitimité des enfants dans le clan», a-t-il précisé avant de souligner que certaines femmes ont utilisé le « tshizaka bwanga », un gri-gri protecteur, pour se prémunir des conséquences d’éventuels manquements.

«Face à l’évolution des mœurs et à la migration vers les villes ou l’étranger, ces pratiques ont persisté principalement dans les communautés où les jugements traditionnels ont été respectés», a dit l’historien.

Le mythe du «Tshibawu» a illustré ainsi la persistance des traditions ancestrales visant à encadrer la vie conjugale et à maintenir l’ordre social au sein du peuple Luba.

Selon la tradition, ce mythe trouve son origine dans le récit d’une femme surprise en flagrant délit d’adultère. Condamnée à mort, elle a promis que son sort s’abattrait sur toutes celles qui, dans les générations futures, commettraient la même faute.

«Le Tshibawu a toujours servi à rappeler aux femmes l’importance de la fidélité pour la du foyer», a conclu M. Tshowa. ACP/C.L.

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