RDC : le destin croisé des chanteurs Wemba et Debaba évoqué par un analyste

Kinshasa, 26 avril 2026 (ACP).- Debaba et Papa Wemba, deux défunts chanteurs de la République démocratique du Congo, ont partagé une filiation musicale et une date de décès commune, le 24 avril, a fait remarquer dimanche un analyste culturel, lors d’un forum en ligne suivi dimanche par l’ACP.

 « La date du 24 avril crée un télescopage mémoriel entre les deux disparus sur la scène musicale congolaise.Debaba et Papa Wemba partagent la même filiation musicale, le second ayant révélé le premier en 1978 au sein de Viva La Musica, où Debaba s’est imposé comme une voix de ténor marquante avant de voler de ses propres ailes avec Victoria Eleison, Historia Musica puis Choc Stars », a déclaré Freddy Movadi, analyste  culturel.

« Le destin les rapproche encore par leur disparition le 24 avril : en 2011 à Kinshasa en RDC pour Debaba et en 2016 à Abidjan en Côte d’Ivoire  pour  Papa Wemba, ce qui fait que l’hommage au premier reste souvent dans l’ombre du second», a-t-il précisé.

Revenant sur les profils des deux artistes, l’analyste a ensuite distingué leurs apports.

 « Si Wemba fut le créateur et l’ambassadeur planétaire de la rumba modernisée, Debaba a brillé par son timbre aigu, puissant et reconnaissable qui a porté plusieurs succès des

Évoquant la suite de la carrière de Debaba, Freddy Movadi a abordé  sa reconversion.

 « Né à Kinshasa en 1961, formé entre Barumbu et Ngiri-Ngiri, Debaba a traversé les grandes formations de la rumba avant de consacrer sa voix à la musique religieuse dès 1994, devenant producteur de gospel », a-t-il indiqué.

Il a conclu sur l’héritage musical du chanteur. « Ses classiques comme “Zikondo”, “Terminus”,  “Taty Konde”, “Mille baisers”, “Bolingo na Nga Nzonzing avec Carlito , “Gina Kiaku Production ” et autres sont intemporels et témoignent d’un héritage vocal qui a marqué la rumba congolaise et ouvert un pont vers la scène chrétienne », a-t-il témoigné.

Par ailleurs, la RDC et plusieurs capitales africaines ont rendu hommage ce vendredi 24 avril 2026 à Papa Wemba, 10 ans après sa mort survenue en plein concert à Abidjan.

En juin 2016, l’Union Africaine a créé la Journée africaine de la musique afin de saluer son parcours. L’organisation a cherché à mettre en lumière les cultures du continent et à perpétuer l’œuvre de Shungu Wembadio, figure majeure de la rumba congolaise et pionnier de la sape.

À Kinshasa, les autorités et les acteurs culturels ont pris des mesures pour garder son souvenir vivant. Sa maison de Ngaliema a été convertie en musée vivant de la rumba. On y a rassemblé ses disques, ses tenues de scène et ses manuscrits.

Le 24 avril dernier, Kinshasa, Brazzaville et Abidjan ont accueilli des concerts, des expositions et des tables rondes dédiés à l’artiste. Pour les passionnés, défendre l’héritage de Papa Wemba a signifié soutenir la rumba congolaise, reconnue par l’Unesco comme patrimoine immatériel depuis 2021. ACP/C.L.

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