Paris, 26 avril 2026 (ACP).- Zénith, mythique salle parisienne a été transformée à un temple d’ambiance nostalgique durant deux heures par le légendaire groupe Zaiko Langa Langa de la République démocratique du Congo (RDC) lors de son spectacle livré vendredi devant sept mille spectateurs en plein cœur de Paris en France, a constaté l’ACP.
« C’était un moment de joie de voir Zaiko hissé le drapeau du pays sur la scène du Zénith de Paris. Nous avons encore vécu une ambiance impressionnante, surtout responsable. L’orchestre a démontré sa puissance et sa force artistique ! Il l’a prouvé. Tous les temps de la soirée étaient forts. (..) Que dire d’autres à ton avis ? …On nous a remémoré l’esprit à travers une combinaison des rythmes nostalgiques et des nouveautés ! Vous avez vu vous-même comment la salle a été transformée et vibrée !!! Bravo», a témoigné Fiston Mafinga Saï –Saï, comédien congolais à la fin de la soirée.

Il était 21h, heure de Paris lorsque l’ensemble musical habillé en bleu ciel, symbole du drapeau national du pays, a pris le contrôle de la scène de Zénith pour entamer la soirée au rythme instrumental de la chanson ‘‘Congo Mboka’’ de Pascal Tabu Ley, un des monuments de la Rumba congolaise.
Ensuite, Alino Biongo, animateur principal du groupe et son doublure, ont pris d’assaut l’estrade pour entonner l’animation introductive aux sonorités et rythmiques accentuées par une combinaison des anciens succès des cris et pas de danses, rappelant une ambiance nostalgique des années 80- 90 : ‘‘Ensusu kotele, et batebo bawukidi’’ et ‘‘Zekete zekete’’ …. danses fétiches de l’époque. Ainsi, a-t-on constaté, le décollage de l’euphorie dans une salle irrésistible qui s’élève et vibre au sens dessous, dessus !
Cinq minutes après, Clay Kahungu, présentateur de la soirée, est revenu, pour circonscrire le cadre et faire un bref aperçu historique de Zaiko Langa Langa.
« Il est toujours important de rappeler l’histoire du cet orchestre emblématique congolais né en 1969 avec co-fondateurs Joseph Mvula Nyoka Longo et le guitariste Pedro Félix Manuaku. Nous sommes ici pour célébrer le meilleur groupe intergénérationnel du monde qui a traversé les âges. Nous avons la chance de revivre encore les merveilles de Zaiko ce soir au Zénith», a-t-il dit.
Les temps forts

Ce bref discours de circonstance a été aussi une occasion de préparer et annoncer la montée sur l’estrade aux environs de 21h10’ du chanteur Jossart Nyoka Longo, chef de file et légende de Zaiko. Ovationné par le public, il a marqué son entrée sur scène par la chanson ‘‘Molinango’’, une de ses meilleures compositions dans le répertoire de l’orchestre. Les vieux mélomanes et fanatiques se sont retrouvés et identifiés par cette mélopée accompagnée d’une orchestration mesurée. Pas de temps mort, le chanteur a enchaîné avec d’autres cantiques tels que ‘‘Fontshi’’ et ‘‘Na ndimi’’. Contrairement aux versions discographiques, ces chansons ont été exécutées en mode séquentielle vu le temps imparties
Sons et lumières, cette étape euphorique a été soutenue par d’autres morceaux d’animation mélangés entre vieillerie et nouveauté de l’orchestre. Le temps de la soirée a été marqué par l’exécution impressionnante de la danse ‘‘Vimbaaa Mokongo ya koba’’ et le nouveau générique « Mbrousse » sur le marché. Toute la salle a été électrisée par ce moment délirant. Jeunes et vieux, tous ont été emportés par la prestation.
Zaiko rend hommage à Papa Wemba

Le passage en force de Zaiko et Nyoka Longo le 24 avril a été aussi une occasion importante de rendre hommage au chanteur congolais Jules Shungu Wembadio, un des précurseurs et fondateurs du clan Zaiko, décédé à la même date de l’année 2016 à Abidjan.
A la fois commémorative et festive, cette partie a été caractérisée par les interprétations de quelques chansons de Papa Wemba. C’est ainsi que les mélomanes ont eu la chance de découvrir un talent féminin extraordinaire de la musique congolaise à travers la démonstration vocale de la chanteuse Déborah Ntoya venue de Kinshasa. Celle-ci a non seulement imité superbement mais aussi à réussi à exhumer la voix de Papa Wemba, en chantant en mode ‘‘akapela’’. Des acclamations et cris de joie ont démontré combien la salle a été impressionnée par la prestation de la jeune chanteuse kinoise.
Après les musiciens ont attaqué la suite en fredonnant « Menté Bolingo », ancienne composition de Papa Wemba dans Zaiko.
« Si je suis ce que je suis aujourd’hui c’est grâce à Dieu, grâce à mes parents mais aussi grâce à Jules Shungu Wembadio. C’est avec lui que nous avons créé Zaiko Langa Langa. Si Wemba n’avait pas interprété la chanson « Adios Théthé » de Tabu Ley, lors d’une répétition de l’orchestre ‘‘Belguide’’, on n’allait pas créer cet orchestre parce que nous sommes les deux pionniers chanteurs du groupe au Côté du guitariste Pepe Felly Manwaku. Il mérite ses hommages pour toujours dans ma vie », a déclaré Nyoka Longo sur le podium du Zénith de Paris.
Lita Bembo s’explose
La parution sur scène du chanteur congolais Libeki Lita Bembo, un des invités majeurs de la soirée, a aussi intéressé le public. Le showman de la Rumba a exécuté deux mélopées, dont la chanson « Zonga Gina » éditée en 1983.
Il a été succédé par Naimro, pianiste emblématique du groupe Kassav qui a également signé un passage rocambolesque pour célébrer le groupe légendaire de la RDC.
A 22h50, Zaiko a été obligé d’entonner un dernier morceau de la soirée avant de quitter la scène du Zénith de Paris avec rythme de « Bow », son générique percutant, marqué par la danse ‘‘Maman Sisika’’ qui a bouclé la boucle.
« (…) Oui ! C’est vrai que nous l’avons l’habitude de le voir à Kinshasa mais le spectacle a été vraiment au rendez-vous ce soir. J’ai été marqué par les prestations de Lita Bembo et le pianiste du groupe Kassav et surtout par l’hommage rendu à Papa Wemba sur la scène. Seulement, le temps était un peu trop court», a soutenu Fabrice Ipee, journaliste congolais venu de Kinshasa.ACP/C.L.

