Ba Lunda (peuple fidèle à ses traditions).
Kinshasa, 15 mai 2026 (ACP).- Le système du Mulambu (mécanisme fiscal traditionnel) a constitué l’un des fondements de l’organisation sociale de l’Empire Lunda, confédération politique d’Afrique centrale qui a prospéré du XVIe au XIXe siècle sur un territoire couvrant le sud de la République démocratique du Congo, a renseigné jeudi à l’ACP une chercheuse.
« Bien plus qu’un simple mécanisme fiscal, le Mulambu appelé Milambu au pluriel représentait un acte d’allégeance et une offrande rituelle adressée au souverain suprême, le Mwant Yav. Dans la conception Uruund, la terre appartenait aux ancêtres et le chef, considéré comme leur gardien vivant, recevait ces dons comme marque de reconnaissance de son autorité temporelle et spirituelle», a fait savoir Kalunga Bisimbi, chercheuse indépendante congolaise.
Selon elle, l’acte de remise du tribut, appelé ‘‘Kwifukwil’’, symbolisait la soumission respectueuse au pouvoir établi et témoignait de la relation entre les populations et l’autorité centrale.
Les sujets, a-t-elle dit, chefs de terre ou chefs vassaux offraient ainsi une partie de leurs biens au souverain en échange de sa protection.
« Dans les traditions Lunda, le Mulambu remplissait plusieurs fonctions essentielles, notamment la légitimation de l’autorité du chef, la redistribution sociale en faveur des personnes vulnérables, l’entretien de la cour royale ainsi que le renforcement des liens entre la capitale Musumb et les provinces éloignées », a-t-elle expliqué, rajoutant que le système servait également à maintenir la hiérarchie politique de l’Empire.
« Le calendrier de remise du Mulambu suivait des périodes précises, notamment la saison des récoltes (Chisu cha kwangul), les cérémonies d’intronisation et certaines circonstances exceptionnelles telles que les guerres, les rituels royaux ou les visites officielles du Mwant Yav. La présentation du tribut obéissait par ailleurs à un protocole rigoureux», a poursuivi Mme Bisimbi.
Par ailleurs, certains biens considérés comme symboles de souveraineté, notamment les peaux de léopard ou les défenses d’éléphant, étaient exclusivement réservés au souverain.
« Ce système a contribué à l’expansion de l’Empire Lunda sur plusieurs territoires actuels de la République démocratique du Congo, de l’Angola et de la Zambie, tout en consolidant un sentiment d’appartenance commune entre les populations», a-t-elle conclu.
ACPC.L.

