Kinshasa, 15 mai 2026 (ACP).- L’œuvre picturale intitulée « Le réveil de la symphonie traditionnelle’’, du plasticien Teddy Nganga de la République démocratique du Congo (RDC) a été perçue comme une création artistique célébrant l’identité africaine et la transmission des traditions africaines, selon un critique d’art joint jeudi par l’ACP.
« Le réveil de la symphonie traditionnelle est une œuvre vibrante où Teddy Nganga Luzolo convoque mémoire, identité et transmission culturelle dans une composition expressive à l’huile sur toile de 130 x 110 cm réalisée en 2026. À première vue, le personnage central intrigue par son regard circulaire presque irréel, proche du masque rituel ou de la marionnette sacrée », a déclaré John bongenya, critique d’art
« Cette déformation volontaire crée une présence théâtrale forte, comme si l’être représenté surgissait d’un monde ancestral pour réveiller une musique longtemps endormie. La domination des rouges, des ocres et des jaunes produit une atmosphère ardente et presque sonore. Le fond paraît traversé par des vibrations qui rappellent l’intensité d’une symphonie invisible » a-t-il expliqué, avant de préciser la portée symbolique des éléments représentés dans cette composition artistique
« L’instrument à cordes placé au centre de la scène devient alors un symbole de continuité culturelle et de résistance artistique. Le livre ouvert au premier plan introduit quant à lui l’idée de transmission du savoir, comme si la tradition devait désormais être lue, étudiée et réinterprétée par les générations futures » a-t-il dit.
Et de poursuivre : « l’œuvre prend une profondeur supplémentaire lorsqu’elle est replacée dans le parcours de l’artiste. Je me souviens avoir découvert pour la première fois, en 2001, la fresque intitulée La Prière, réalisée par Teddy Nganga Luzolo en 1996 à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, lors de mes premiers pas à l’Institut des Beaux-Arts de Kinshasa ».
Évoquant l’influence du parcours artistique de Teddy Nganga Luzolo sur sa propre sensibilité esthétique, le critique d’art John Bongenya a mis en lumière la dimension mémorielle de l’œuvre
« Cette fresque, effacée quelques années plus tard, demeure dans ma mémoire comme une trace importante de mon éveil artistique. À travers cette nouvelle toile, Teddy Nganga Luzolo semble ainsi lutter contre l’effacement de la mémoire culturelle en redonnant voix, couleur et rythme aux symboles traditionnels congolais » a-t-il conclu.
ACP/C.L.

