Kinshasa, 28 avril 2026 (ACP).- L’empreinte musicale du défunt guitariste congolais Rigobert Bamundele, alias Rigo Star de la République démocratique du Congo, décédé en 2023, a été mise en lumière à titre posthume par un écrivain et acteur culturel brazzavillois, à travers son ouvrage intitulé ‘‘Le Carnet d’Eddy’’, a appris l’ACP de l’auteur.
« Son nom résonnait dans toutes les chansons où sa guitare entraînait les danseurs. Tel un gimmick, il s’installait dans notre mémoire. Peu bavard en public, ses interviews sont rares ; pourtant, il aurait tant à nous dire, tant à nous enseigner », a déclaré Eddy Ngombé Mwéné.
De Viva la Musica à Papa Wemba
Né le 28 août 1955 à Kinshasa, Rigo Star s’est imposé dès les années 1980 à Paris comme arrangeur et guitariste incontournable, notamment après son passage au sein de l’orchestre Viva la Musica. « Guitariste de Papa Wemba, il signe la guitare lead du 45 tours “Lèvres Roses”, interprété par Papa Wemba et Tabu Ley », a rappelé l’auteur.
Surnommé l’innovateur de la rumba, Rigo Star a marqué son époque par une approche technique novatrice de la guitare. « Multi-instrumentiste reconnaissable à ses dreadlocks, il a introduit dans la rumba des techniques de guitare basse telles que le slap, le tapping et le pull-off », a témoigné M. Ngombé Mwéné.
Selon lui, l’artiste a profondément influencé la production musicale des années 1980 et 1990. « Sa présence était un gage de réussite. Sa guitare, une bénédiction ; son son, une merveille », a-t-il souligné.
« Pendant plus de quinze ans, il a réalisé ou participé à plus de 60 % des grands succès des années 80 et 90. Il est à l’origine des arrangements d’albums majeurs comme “Phénomène” de Mbilia Bel, “Mon mari est gabonais” de Bozi Boziana, “Rue d’amour” de Koffi Olomidé, “Dernier coup de sifflet” de Strevos Niarcos et “Orphelin” de Reddy Amisi », a-t-il indiqué.
L’auteur a souligné également la reconnaissance de ses pairs, qui saluaient régulièrement son talent. « Rigo Star… le meilleur », chantaient Koffi Olomidé dans “Petit frère ya Jésus” et Reddy Amisi dans “Orphelin”, en hommage au guitariste.
Au-delà de son rôle d’arrangeur, Rigo Star a également accompagné plusieurs carrières solo majeures, notamment celles de Koffi Olomidé, Bozi Boziana, Reddy Amisi et Stervos Niarcos.
L’écrivain brazzavillois, qui dit avoir rencontré l’artiste à plusieurs reprises, évoque notamment une collaboration en studio en 2007 à Pantin, en France.
Affaibli par la maladie, Rigo Star a passé les derniers moments de sa vie dans la région du Havre, en France.
‘‘Faire vivre cet héritage’’
Dans la conclusion de son ouvrage, l’auteur a appelé à la préservation de cet héritage musical. « Il leur appartient de faire vivre cet héritage et de témoigner, avec ferveur, de l’importance de son œuvre dans notre patrimoine », a-t-il conclu.
Décédé le 26 octobre 2023 à Reims, en France, Rigo Star s’est également illustré dans la chanson “ Mwana Mpwo”, dédiée au franc congolais, aux côtés de Maïka Munan et de Lokwa Kanza.
Décédé le 26 octobre 2023 à Reims, en France, Rigo Star demeure l’un des artisans majeurs de la modernisation de la rumba congolaise, notamment à travers ses collaborations, à l’exemple de la chanson “ Mwana Mpwo”, dédiée au franc congolais, aux côtés de plusieurs grandes figures de la musique africaine.
ACP/C.L.

