Kinshasa, 20 octobre 2025 (ACP). – L’histoire du « plein », ces grands rassemblements populaires qui ont marqué la vie sociale et politique de la République démocratique du Congo, a commencé bien avant 1970, avec le rapatriement de la dépouille du Père Raphaël de la Kethule, a affirmé lundi à l’ACP un chercheur indépendant.
« L’un des tout premiers « pleins » du pays a eu lieu le 29 juillet 1956 à Léopoldville, lors du rapatriement de la dépouille du Révérend Père Raphaël de la Kethule de Ryhove, fondateur du mouvement sportif en Afrique centrale. Décédé en Europe, le missionnaire belge avait été réclamé pour être inhumé au Congo», a fait savoir Francklin Mohko, chercheur indépendant en histoire.
À cette occasion, a dit le chercheur, la ville entière de Léopoldville, forte de quelque 250.000 habitants, s’était mobilisée massivement.
« Plus de 100.000 personnes avaient accompagné, à pied, le cortège funèbre depuis la gare centrale jusqu’à l’église Saint-Pierre de la commune de Kinshasa », a indiqué Franklin Mokho, citant les archives de la maison de Scheut à Rome (1956).
D’après lui, la capitale s’était littéralement vidée ce jour là pour rendre hommage à celui que la population surnommait « Papa Raphaël », considéré comme un pionnier du sport congolais.
M. Mokho a estimé que cette manifestation, inédite par son ampleur, a constitué la première et la plus grande démonstration populaire jamais organisée en Afrique avant les indépendances.
« C’est à cette date que l’histoire du « plein » au Congo belge a réellement pris racine, bien avant qu’il ne devienne, après l’indépendance, un symbole des grands rendez-vous politiques, culturels ou sportifs du pays», a-t-il conclu. ACP/JF

