Kinshasa, 31 juillet 2026 (ACP).- Les grottes ornées du massif de Lovo, situées dans la province du Kongo Central, dans l’Ouest de la République démocratique du Congo(RDC), ont toujours été importantes dans l’ordre des arts rupestres d’Afrique centrale dont la préservation est aujourd’hui au cœur des préoccupations des chercheurs et des autorités culturelles, a appris l’ACP jeudi de source culturelle.
« Une partie de ces dessins a pu être rattachée à un ancien rituel du royaume de Kongo appelé le Kimpasi, qui était une cérémonie destinée à remédier aux maux de la communauté », a expliqué AJ Kombo, chercheur en histoire.
S’étendant sur près de 430 kilomètres carrés, le massif de Lovo comprend des centaines de promontoires calcaires percés de cavités naturelles. Les inventaires réalisés par la mission archéologique franco-congolaise y ont identifié 117 sites, dont 20 grottes ornées majeures et plusieurs abris sous roche renfermant plus de 5.700 peintures et gravures rupestres.

Selon les spécialistes, ces œuvres ont été réalisées entre le XIIIᵉ et le XVIIIème siècle, correspondant à la période d’expansion et d’apogée de l’ancien royaume de Kongo.
Elles offrent un témoignage exceptionnel de l’évolution culturelle, religieuse et sociale des populations de cette époque.
Les représentations rupestres du massif de Lovo se distinguent par une iconographie variée composée notamment de croix, parfois influencées par le christianisme introduit après le XVème siècle, de cercles, de quadrillages, de lézards, d’antilopes, de personnages armés d’arcs ou de fusils ainsi que de figures anthropomorphes et d’êtres hybrides mêlant caractéristiques humaines et animales.
Ces motifs traduisent les profondes transformations politiques, spirituelles et culturelles qu’a connues le royaume de Kongo au fil des siècles.
Les chercheurs indiquent également que ces grottes constituaient autrefois des espaces sacrés utilisés par des sociétés initiatiques telles que le Kimpasi ou le Santu, où se déroulaient des cérémonies réservées aux initiés, témoignant du rôle central de ces cavités dans la vie spirituelle des communautés.
Signalé dès le XVIème siècle par des missionnaires européens, le massif de Lovo est resté longtemps méconnu de la recherche scientifique moderne.
Depuis 2007, des fouilles et études sont conduites sous la direction de l’archéologue Geoffroy Heimlich, en collaboration avec l’Institut des musées nationaux du Congo (IMNC), afin de documenter, protéger et valoriser ce patrimoine menacé notamment par l’exploitation industrielle des roches calcaires.
Un patrimoine en attente de reconnaissance mondiale
Le massif de Lovo fait actuellement l’objet d’un projet d’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco.
Cette reconnaissance permettrait de renforcer les mécanismes de conservation du site, d’encourager la recherche scientifique et de promouvoir un tourisme culturel durable au bénéfice des communautés locales.
Véritable mémoire gravée de l’ancien royaume de Kongo, les grottes ornées du massif de Lovo constituent aujourd’hui un héritage historique, archéologique et artistique d’une valeur inestimable, illustrant la richesse des civilisations précoloniales de la République démocratique du Congo et leur contribution au patrimoine culturel de l’humanité.
ACP/N K

