RDC : les musiciens appelés à l’utilisation professionnelle des innovations technologiques

Kinshasa, 25 fév. 2026 (ACP).- Les musiciens (instrumentistes et chanteurs) de la République démocratique du Congo (RDC) ont été appelés, mercredi, lors d’un entretien, par un expert en numérique, d’utiliser de manière professionnelle des logiciels de performance apportées par les innovations technologiques dans la création de musiques et spectacles.

« Les innovations technologiques nous ont apporté plusieurs logiciels qui ont révolutionné le domaine de l’art. (…) Dans la musique, nous avons, par exemple, le logiciel qu’on appelle ‘‘l’auto-Tune’’ qui fait aujourd’hui l’objet d’un grand débat dans le microcosme musical congolais. Cette innovation numérique peut être utilisée de manière professionnelle et intelligible par les chanteurs, instrumentistes ou ingénieurs pour performer leur travail artistique en studio ou sur scène », a recommandé Serge Ngalula, technicien du numérique et manager des artistes.

« L’utilisation de l’auto-tune n’est ni une honte ni une faiblesse. C’est un outil numérique moderne au service de la création musicale. Lorsqu’il est maîtrisé par un chanteur professionnel, il devient un levier de perfection, de qualité et d’excellence auditive dans la performance vocale. La vraie question n’est donc pas de recourir ou non à l’Auto-Tune”, mais plutôt : Comment l’utiliser avec intelligence, créativité et professionnalisme. (…) De même pour l’intelligence artificielle (IA) qui peut nous servir dans plusieurs domaines », a-t-il ajouté. Dans l’industrie musicale mondiale, explique l’expert l’Auto-Tune est devenu un standard.

Ce logiciel est utilisé aussi bien pour corriger subtilement certaines notes musicales que pour créer une identité sonore assumée. « Des artistes internationaux américains comme T-Pain ou Travis Scott en ont fait une signature artistique, transformant un simple outil technique en véritable esthétique musicale », a-t-il évoqué à titre illustratif.

Le refus du numérique bloque la percée sur la scène internationale

Pour la source, l’évolution technologique ne détruit pas la culture. Mais, elle la transforme, l’adapte et l’enrichit. « Refuser systématiquement l’innovation, c’est parfois retarder notre propre compétitivité sur la scène internationale. Rappelons-nous qu’à un certain moment dans notre secteur, les featuring internationaux ont aussi été critiqués par des mélomanes congolais et voire par nos musiciens eux-mêmes », a-t-il dit.

« Pourtant aujourd’hui, a renchéri le manager, une collaboration avec un artiste étranger, au-delà des frontières, est perçue comme une stratégie de rayonnement et de croissance artistique. Ce qui est combattu par principe finit souvent par être accepté avec le temps », a ajouté le manager.

Maestro Souzy Kaseya, ingénieur congolais des musiques

Malgré la force du numérique face aux enjeux mondiaux, Ngalula a estimé que la culture congolaise demeurera riche, puissante et influente. « L’innovation technologique ne doit pas être vue comme une trahison de notre identité musicale, mais comme une opportunité d’élévation. L’avenir appartient à ceux qui savent conjuguer tradition et modernité », a-t-il conclu.

Pour rappel, cette thèse de Serge Ngalula intervient au lendemain de la position exprimée par Souzy Kaseya, Ingénieur -arrangeur et musicien de renom en RDC, sur la question d’utilisation des innovations numériques dans l’art d’Orphée. « Dans la musique moderne, tous les artistes, sans exception, sont passés par l’auto-tune. Il n’y a personne qui puisse donner une note parfaitement exacte. Quand on traite un son en studio, on recourt à des artifices techniques pour l’améliorer », a soutenu l’expert musical lors de son passage sur un média local.ACP/

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